Late Turner

Titre Citizen KLa Tate Britain met les pleins feux sur les dernières années de création du “peintre de la lumière et des incendies”.

18.00.49Ancient Rome: Agrippina Landing with the Ashes of Germanicus (1839)

Qu’un peintre vieillissant, loin de se singer et à rebours de tout conservatisme, continue ses recherches jusqu’au bout, levant le voile, dans ses dernières années, sur des toiles qui annoncent les bouleversements artistiques des siècles à venir, voici le destin singulier auquel la Tate rend aujourd’hui hommage à travers l’exposition Late Turner: Painting Set Free. Obsédé par la tradition et le legs de Claude Lorrain, Joseph Mallord William Turner (1775-1851) développa pourtant dès ses premières toiles une vision moins classique que romantique, où les jeux de lumière frayaient un nouveau code esthétique. Mais c’est seulement à partir de l’âge de 60 ans qu’il produira ce que ses contemporains lurent parfois comme des signes de sénilité ou de démence, et que l’histoire retiendra comme ses chefs-d’œuvre. À travers plus de 150 toiles, aquarelles, dessins et gravures exécutés entre 1835 et 1850, la Tate rouvre donc en sous-main le débat concernant les sources impressionnistes, mais aussi, avec la réunion dans une seule et même salle des neuf Square Canvases, celui de l’influence de Turner sur l’expressionnisme abstrait.

I.R.

Late Turner: Painting Set Free. Tate Britain. Millbank. Londres. Jusqu’au 25 janvier 2015. www.tate.org.uk

war-the-exile-and-the-rock-limpet-turnerWar: The Exile and the Rock Limpet (1842)

Light and Colour (Goethe's Theory)  - the Morning after the Deluge - Moses Writing the Book of Genesis exhibited 1843 by Joseph Mallord William Turner 1775-1851Light and Colour (Goethe’s Theory): The Morning after the Deluge (1843)

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Orlando tranquillo

Titre Citizen KJean-Christophe Béchet surprend The City Beautiful au saut du lit.

Capture d’écran 2014-09-10 à 15.18.59

On a déjà dit ici tout le bien que l’on pense de la collection This is not a map aux éditions Poetry Wanted (www.citizen-k.com/fast-vegas/), qui a pour vocation de présenter sous forme de pseudo cartes routières des reportages photographiques effectués au quatre coins du globe. Après l’État du Texas et Las Vegas, c’est cette fois la capitale des complexes de loisir, Orlando, qui se déploie en accordéon pour révéler un panorama très loin des attractions phares de Disney World ou Islands of Adventure. Pendant chacun de ses quatre séjours floridiens, le photographe Jean-Christophe Béchet a en effet choisi de saisir les abords d’International Drive entre 6 et 7 heures du matin, pour capter dans cette unité de temps et de lieu quelques trajectoires humaines à demi dissoutes dans la brume du matin. Des joggeurs — blancs — et des travailleurs de l’aube — noirs — traversent ses 32 images issues de la série American Puzzle, et ici réunies comme autant de spectres d’une Amérique où une ségrégation latente a toujours cours.

I.R.

Orlando, Florida: This is not a map but a photographic journey, par Jean-Christophe Béchet (Poetry Wanted). www.thisisnotamap.com

Capture d’écran 2014-09-10 à 15.18.08 La solitude du coureur de fond sur International Drive

Capture d’écran 2014-09-10 à 15.17.47Premiers clients à la supérette du coin

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Near Death Experience

Titre Citizen KAvec Near Death Experience, Benoît Delepine et Gustave Kervern offrent à Michel Houellebecq un rôle à la démesure de son dégoût du monde.

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“Obsolète. Voilà. J’ai 56 ans et je suis obsolète. 56 ans. L’âge de mon grand-père quand j’avais 7 ans. Avant, on était vieux, un pépé. On attendait tranquillement la retraite. On ne vous demandait pas d’atteindre des objectifs. De les dépasser. On ne vous demandait pas d’être toujours séduisant. D’être habillé en jeune. D’être un homme viril, de baiser encore. De faire du sport. De manger équilibré. D’aimer sa femme comme au premier jour, d’être le meilleur copain de ses enfants… On ne vous demandait pas d’être créatif. D’avoir de l’humour. Et des passions ! T’as eu de la chance pépé. T’as eu le droit de n’être qu’un pépé. Moi, tu vois, en étant comme t’étais, je suis devenu un pauvre gars. Obsolète.” Perdu dans le maquis où il s’est réfugié en attendant de se suicider, Paul, agent d’une plateforme téléphonique, marié, deux enfants, médite ainsi en voix off dans le dernier opus de Benoît Delepine et Gustave Kervern (Mammuth, Le Grand Soir). Michel Houellebecq lui prête sa lippe tombante, sa manière unique de fumer des clopes, sa silhouette ridiculement moulée dans une tenue de cycliste et ses marmottements. Il y a quinze jours, sur Arte, dans L’Enlèvement de Michel Houellebecq réalisé par Guillaume Nicloux, l’écrivain présentait à la caméra son profil burlesque. Aujourd’hui, c’est son ombre dépressive qu’il projette avec maestria sur fond de Schubert dans Near Death Experience. Car Paul lui ressemble comme un jumeau qui n’aurait pas écrit de romans, et n’aurait vécu jusqu’à sa mort pas même tragique que l’existence déceptive autrefois décrite dans Extension du domaine de la lutte (1994). “La vie doit être enivrante… la vie doit être enivrante…”, psalmodie Paul en tournant sur lui-même comme un anachorète au désert. Mais même la nature n’offre nul échappatoire, nulle rédemption, nul réconfort. “Elle n’aura pas lieu, la fusion sublime”, remarquait déjà Houellebecq à la toute fin de son premier roman. Œuvre où la vie s’avoue à elle-même son échec, Near Death Experience renverse les valeurs pour mieux embrasser le néant. Et c’est la grande réussite du monologue mis en images par Delepine et Kerven que de montrer sans pathos larmoyant ni distance critique combien la mort, fût-elle volontaire, n’est finalement qu’un autre non-événement.

N.B.

Near Death Experience, de Benoît Delepine et Gustave Kervern. Avec Michel Houellebecq. 1 h 27. En salles.

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Puzzles primitifs

Titre Citizen KLe domaine de Chantilly signe l’événement muséal de la rentrée en recomposant quelques-uns des chefs-d’œuvre des maîtres du Quattrocento. 

Capture d’écran 2014-09-09 à 10.16.44Le Choix d’Esther par Assuérus, Sandro Botticelli et Filippino Lippi

Parmi les Primitifs italiens, c’est tout naturellement la crème de la crème que donne à voir le domaine de Chantilly. Le musée Condé, sis dans le château, présente en effet jusqu’au début de l’année prochaine plus de trente œuvres majeures de ses collections associées à neuf peintures prêtées par de prestigieuses institutions internationales. Le but de cette mise en regard est de dévoiler pour la première fois depuis leur démembrement les polyptyques dont sont issues quelques-unes des pièces les plus célèbres de la collection du duc d’Aumale. C’est ainsi que le Saint Benoît à Subiaco de Fra Angelico est ici présenté en compagnie de quatre autres panneaux avec lesquels il composait originellement une scène érémitique. Idem pour Le choix d’Esther par Assuérus attribué à Botticelli et son élève Filippino Lippi qui, grâce à un prêt du musée du Louvre, retrouve momentanément son pendant, puisque les deux panneaux faisaient à l’origine partie d’un jeu de deux cassoni (coffres de mariage). À travers cette exposition d’autant plus exceptionnelle que la collection du duc d’Aumale présentée au musée Condé ne peut, en raison des volontés testamentaires du duc, quitter le domaine de Chantilly — obligeant donc le monde d’Anvers à Philadelphie en passant par Ottawa et Cherbourg à venir à elle —, ce sont parmi les plus beaux trésors florentins et siennois du Quattrocento qui sont recomposés comme par magie dans la Salle du jeu de paume. En attendant d’autres possibles découvertes, puisque certains des retables exposés ou virtuellement réunis sont toujours incomplets.

I.R.

Fra Angelico, Botticelli… Chefs-d’œuvre retrouvés. Château du domaine de Chantilly. Salle du jeu de paume. Jusqu’au 4 janvier 2015. www.chateaudechantilly.com

Capture d’écran 2014-09-09 à 10.16.33Saint Benoit en extase au désert, Fra Angelico et son atelier

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Scarlett au haras

Citizen KLes vacances terminées, voici le temps de remettre le pied à l’étrier. Au galop, citoyens !

11.55.44Bague La Strada, CHOPARD, et bague Bois de rose, DIOR JOAILLERIE

Pour mieux reprendre le mors aux dents en ce début septembre, la cavalière Éléonore Lambilliote, grand espoir du jumping belge, s’est harnachée de somptueuses parures d’or et de diamants qui font piaffer d’envie sa monture. Une série joaillerie qui invite à se remettre en selle pour affronter les obstacles de la rentrée. R.M.

Photos, Giamaolo Vimercati. Stylisme, Vanessa Guidici. Coiffure, Rita Dell’Orco

Capture d’écran 2014-09-08 à 13.46.11Manchette or jaune et anneaux coordonnés, collection My Dior, DIOR JOAILLERIE

11.57.00 Bagues Parentesi Cocktail et Serpenti, BVLGARI. Montre Grande Reverso Ultra Thin 1931, JAEGER-LECOULTRE

Capture d’écran 2014-09-08 à 13.45.31Bague Horsebit Cocktail, GUCCI, Anneaux Enchanted Lotus et Talisman, DE BEERS

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La poudre d’escampette

Titre Citizen KToujours en kiosque, le numéro d’été de Citizen K International vous invite à la rencontre d’une vraie jeune fille des années 1960 qui s’essaie à la garde-robe de l’automne-hiver 2014/15. Back to the couture.

11.00.50Trench python, Roberto Cavalli. Cravate bleue, Prada

Dans le village, on la connaît bien et on la reconnaît de loin. Elle s’habille trop court, se décolore les cheveux dans le genre Belle de jour, se maquille les yeux avec du khôl, se la joue actrice ou mannequin. Et avec ça, toujours à faire la tronche. Ça plaît pas, c’est sûr. Elle, elle veut se barrer d’ici et monter à Paris. Elle attend. Un jour, une voiture viendra la chercher pour l’emmener. Un jour… — R.M.

Photos, Michael Hemy. Stylisme, Jérôme André. Coiffure, Ramona Eschbach. Maquillage, Min Kim

11.01.23Pull, Paul Smith. Jupe vinyle, Courrèges. Bottines, Gucci

12.58.24Manteau, Sisley. Pull, Courrèges. Jupe cuir, Jitrois. Ceinture, Marni

11.00.30Robe, Karl Lagerfeld. Cravate, Prada. Bottes, Gucci. Sac à dos, Lanvin

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De l’air !

Titre Citizen KOn annonce 30° à Saint-Tropez ce week-end. D’un coup d’éventail, réinventez les codes de la drague balnéaire.

wp8ec3c9e0Édouard Manet, La Dame aux éventails, 1873

Soudain, sur la plage ou en terrasse, l’allure et le regard d’un bel inconnu vous transportent d’aise et vous donne envie d’en savoir davantage sur l’apollon. Timide, vous n’osez pas faire le premier pas. Pire, vous êtes plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, et ne connaissez évidemment pas son 06 pour lui envoyer un sms. Que faire ? Citizen K vous propose une alternative fashion au clin d’œil graveleux : l’éventail. Inventé au XIXe siècle pour permettre aux jeunes filles de flirter sans déroger aux convenances, le langage de l’éventail détourne la gestuelle propre aux éventements pour signifier le désir l’air de rien. Reste évidemment à espérer que l’objet de votre pâmoison décrypte vos mouvements de façon juste et claire… Pour les débutants, émetteurs ou récepteurs potentiels, voici quelques figures de base.

Le tenir dans la main droite face au visage : suivez-moi jeune homme

Le tenir dans la main gauche face au visage : je désire un entretien


Le faire tournoyer de la main gauche : nous sommes surveillés


Le faire glisser sur la joue : je vous aime 

Le poser sur ses lèvres : embrassez-moi

Le laisser ouvert immobile : attendez-moi


Le porter ouvert de la main gauche : venez me parler

Le placer derrière la tête : ne m’oubliez pas


I.R.

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L’instant T

Titre Citizen KConsacré par un supplément spécial d’Art Press (daté juillet-août 2014), Richard Texier impose plus que jamais sa stature de Titan dans le paysage de l’art contemporain. Pour Citizen K Homme Sport, notre journaliste Charles Consigny a recueilli ses confidences. Extraits.

Portrait RTbdef copieRichard Texier au milieu de quelques-unes de ses œuvres récentes

Charles Consigny  : Art Press vous consacre un numéro spécial. Qu’est-ce que cela représente pour vous  ?

Richard Texier  : On a travaillé avec Art Press dans l’idée de clarifier mon parcours, de le mettre en perspective. Chercher à comprendre, singulièrement pour le Panthéo-Vortex, à quel moment il est né. Il y a près de trois ans, j’ai regardé une poire comme une œuvre d’art majeure, un Brancusi. La réalité panthéiste de mon travail est passée au plan conscient à ce moment-là. Comme un mythe fondateur. Mais cette histoire venait de bien plus loin ! Si on regarde attentivement l’ensemble des séries d’œuvres que j’ai créé depuis quarante ans, on voit apparaître le concept du “Panthéo-Vortex”. En fait celui-ci vit en moi depuis toujours, y compris en termes chromatiques, de matière, d’obsession de la vie naturelle, panthéiste, biologique. L’organisation des forces cosmiques, le macro, le micro, tout est déjà présent dans mon travail depuis fort longtemps. En fait, je l’exprime depuis les Calendriers lunaires de 1982. Ensuite, il y a eu la grande série Theoria Sacra, qui parle de mécanique céleste, d’histoire de l’astronomie, autre culte panthéiste, mais à l’échelle du Cosmos. Et puis la série Chaosmos, née du concept de Deleuze et Guattari, qui parle de l’histoire de l’énergie. Dans la vie de l’esprit et la vie des hommes, l’énergie c’est le désir. Comment le désir influe, articule, enflamme, crée des territoires. Cette idée du chaos initial, de l’énergie en expansion qui cherche un point d’équilibre. C’est peut-être cela, Dieu : l’envie, la capacité, le tropisme de la matière à s’équilibrer.

Quand on devient artiste, et qu’on prend la décision de ne faire que ça, on prend un risque énorme, puisque l’on s’expose à une misère totale. Comment pensez-vous que vous auriez vécu le fait d’être un peintre comme il y a eu tant de grands peintres qui ont passé leur vie dans la misère  ?

J’étais sûr que ça ne marcherait jamais. J’étais construit là-dessus et j’avais fondé ma certitude sur ma fréquentation assez assidue, régulière et amicale de Jean Degottex. Il avait 60 ans, j’en avais 25. Je me souviens d’un jour où il faisait très froid dans son atelier ; je l’aidais à tendre des grands châssis, la chaudière était cassée et il ne pouvait, faute d’argent, la réparer. Cela nourrissait ce que je pensais déjà. Que quelqu’un de sa qualité, avec le parcours qu’il avait, ne puisse pas se chauffer, impliquait un avenir bien pire pour moi. Je m’étais construit sur l’idée que ça ne marcherait jamais, qu’au mieux j’en survivrais. Quoi qu’il en soit, c’est assez malsain de vouloir faire une carrière avant une œuvre. Quand on est artiste, on est automandaté : si ça intéresse les autres, c’est inespéré.

Comment cela s’est-il passé concrètement  ? À quel âge avez-vous commencé  ?

À l’entrée en sixième, j’avais onze ans, on vous obligeait à acheter le Lagarde & Michard. J’ai feuilleté le volume du XXe siècle, et suis tombé sur une double page où il y avait à gauche un tableau de Joan Miró, Intérieur hollandais, et à droite un tableau d’Yves Tanguy, Jour de lenteur. Ce jour-là, la foudre m’est tombée sur la tête. Je me suis dit que je voulais vivre comme ça. Je n’avais aucune idée de ce que ça représentait, je ne savais pas ce qu’était le surréalisme, je me suis engagé dans cette histoire comme halluciné, en ayant la conviction que c’était mon territoire.

Il y a une grande différence entre le projet Vortex et ce que vous faisiez avant. Ne doit-on pas y voir tout de même une rupture  ?

Je l’ai cru, mais il y a au cœur de mon travail, depuis le début, cette idée de célébration panthéiste. Depuis peu de temps, Panthéo-Vortex s’est imposé dans mon travail avec une très grande force. C’est la première fois qu’une série arrive avec autant de netteté.

Retrouvez la suite de l’interview de Richard Texier dans le dernier numéro de Citizen K Homme Sport.

Paleo 02bdef copieRichard Texier, Paleo, 2013

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L’étoffe des héros

Titre Citizen KPlus fort que Cristina Córdula, France Dress Code vous relooke en fonction de vos destinations de voyage.

closet“Il est un peu boring pour Milan ton dressing, ma chérie !”

En 1989, venant retirer son César pour son interprétation dans Camille Claudel, c’est vêtue d’une robe aux influences orientales qu’Isabelle Adjani se présenta sur scène pour lire un extrait des Versets sataniques quand leur auteur venait d’être frappé d’une fatwa. Ce que l’étoffe qui la parait signifiait était évidemment son appartenance de cœur et de sang à la communauté musulmane (son père était algérien), appartenance qui, en se doublant d’une citation de Salman Rushdie, entendait signifier qu’il ne fallait pas faire l’amalgame entre l’islam et l’obscurantisme sanguinaire de l’ayatollah Khomeini. Moins risqué et plus littéral fut le message envoyé par la veste Franck Sorbier portée par Marie-Laure de Villepin lorsque son mari quitta Matignon. “Adios, bye-bye, salut, ciao !” : l’humeur était manifestement au soulagement du côté de l’épouse du Premier ministre. C’est sans doute inspiré par ces deux pasionarias du chiffon, que le site web France Dress Code a décidé de sensibiliser nos cœurs et nos dressings à des usages culturels qui diffèrent selon les latitudes. “Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà”, constatait déjà l’auteur des Provinciales. Et en matière de dégaine “provinciale”, la plus lookée des Parisiennes n’est pas à l’abri d’un faux-pas à Lyon, La Baule ou Saint-Tropez. Sans parler de destinations stylistiques plus “casse-gueule” type Bilbao ou Istanbul… Heureusement, grâce aux conseils avisés des sémiologues de France Dress Code et de leurs partenaires prestigieux (parmi lesquels Christian Louboutin, Lanvin, Saint Laurent ou Roberto Cavalli), la fashionista en partance pour une destination inconnue saura faire sa valise en moins de deux, et surtout sans la moindre faute de goût afin d’“envoyer le bon message” à ses interlocuteurs potentiels. Vous vous envolez pour Zurich ? Révisez vos classiques. Vous partez à Moscou ? N’ayez pas peur du glitter. Enfin, si votre personnalité inclassable ne saurait se contenter de généralités, n’hésitez pas à solliciter le service RSV Personnel qui vous fournira une proposition chiffrée de la valise idéale, voire des personal shoppers qui vous suppléeront manu militari. Et si les tarifs vous rebutent un peu a priori, gardez bien en tête que Roland Barthes a mis plus de six années pour écrire son Système de la Mode. Votre avion n’attendra sans doute pas 2020…

I.R.

Retrouvez tous les services de France Dress Code sur www.francedresscode.com

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FKA twigs

Titre Citizen KLa trip-hop made in Great Britain a trouvé sa nouvelle diva.

Capture d’écran 2014-08-09 à 19.49.00

Échappée du comté de Gloucestershire où elle grandit, l’intrigante Tahliah Barnett, qui livrait dernièrement son premier concert en France au Carreau du Temple, nous ouvre aujourd’hui  les portes de son sanctuaire musical à travers un album inaugural sobrement intitulé LP1. Cette weirdo de 26 ans, signée sur Young Turks (Jamie XX, SBTRKT…), dépoussière la trip-hop en la mixant à des influences pop (Two Weeks), mystico-électroniques (Water Me) ou aériennes façon Tricky (Pendulum). Au-delà de ses murmures aiguisés sur de very explicit lyrics, FKA twigs (pour “Formerly Known As Twigs”) se révèle ici en digne héritière du New Age et de la meilleure veine de Massive Attack.

Yves Calin

LP1, FKA twigs (Young Turks). Sortie le 11 août 2014.

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