Christian Wijnants SS 2015

Titre Citizen KVirée côtière aux confins de la rêverie et de la virtuosité technique.

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Amoureux de la mer, le créateur avant-gardiste Christian Wijnants, diplômé de l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers et récompensé par le Woolmark Prize pour son travail du tricot, rend hommage aux pêcheurs et aux estivants de tous les rivages en remettant au goût du jour le bob. Un choix audacieux pour flâner sur la plage dans des débardeurs seconde peau, des anoraks couleur du temps ou des tuniques évanescentes. Ici, tout évoque la splendeur maritime dans des teintes froides, du bleu profond au vert algue nimbées de lumière. On aime le travail remarquable sur les matières translucides qui franchissent un cap technologique et les motifs argentés. Une ambiance summer of love futuriste se dégage de l’ensemble où la douceur d’une aquarelle contraste avec les robes en latex et les gilets en coton.

Par Marz Atashi. Photos, Jessica Boutinon

Retrouvez davantage de photos du dernier défilé Christian Wijnants sur le facebook du magazine.

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Andrew GN SS 2015

Titre Citizen KLa nature effectue un retour en force dans les collections printemps-été 2015. Pour Andrew GN, la mode décèle ses nymphéas et autres impressions soleil levant.

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Andrew GN rend hommage à ses racines asiatiques dans sa collection printemps-été 2015. Une proposition fantasque, moderne et très colorée qui témoigne d’un retour aux sources du créateur indépendant né à Singapour. Sur la scène, les silhouettes lumineuses rappellent les maïkos, ces apprenties geisha aux lèvres soulignées de rouge. Déambulant au milieu des cerisiers en fleur, les robes de soie légère transportent dans une romance raffinée au pays du Soleil levant. Tantôt oversized tantôt plus fines ou façon kimono, Andrew GN place la ceinture au centre de l’attention. Un art du contraste qu’il applique également aux imprimés qui rivalisent de références à Claude Monet et à Nicolas de Staël. Les imprimés végétaux, lianes et nénuphars, flirtent avec le pastel mais restent acidulés. Toutes en touches délicates et jeux d’ombres, ces créations nous ont impressionnés par leur poésie et leur justesse.

Par Marz Atashi. Photos, Jessica Boutinon

Retrouvez davantage de photos du dernier défilé Andrew GN sur le facebook du magazine.

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Le bon genre…

Titre Citizen KSous les auspices de Cindy Crawford, en couverture du numéro d’automne de Citizen K International, l’école ultrasélecte du Rosey dévoile quelques-uns de ses secrets.

Capture d’écran 2014-09-22 à 15.44.54Été 1953, le duc de Kent (à gauche) révise l’histoire sociale de son pays.

Enquêtant à la limite parfois floue qui sépare le bon genre du mauvais, c’est en Suisse que le Deputy Editorial Director de Citizen K International Matthias Debureaux a déniché l’école qui se fait fort de séparer le bon grain de l’ivraie. Créée à la fin du XIXe siècle, la finishing school du Rosey a vu passé “du playboy international au directeur de la CIA, du président de fonds de pension à la présentatrice vedette d’Al Jezeera, du dealer de rockstar au proche conseiller d’Obama en passant par les héritiers des plus grandes dynasties industrielles et financières.” Sans omettre un certain nombre d’altesses royales. Mais hors de question de dévoiler des noms. “Les Suisses ont abandonné le secret bancaire, pas nous !”, déclare l’actuel directeur de l’établissement, Philippe Gudin de la Sablonnière. De Nelson Monfort à la rumeur Oussama Ben Laden, de Gianni Agnelli au fils cadet d’Alain Delon ou à ceux des oligarques russes, notre journaliste tente néanmoins de remonter la filière helvète qui, pour “85 000 euros annuel réglable en deux échéances dont les deux tiers avant la rentrée”, permet d’approvisionner des parents démissionnaires ou exigeants en enfants “éduqués intellectuellement et moralement.” Une plongée aux sources de l’élite multilingue qui vous laissera sans voix. — R.M.

Capture d’écran 2014-09-22 à 15.45.13 Années 1980, instruction au tir dans le stand situé sur le campus du Rosey.

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Calibre

Titre Citizen KUn tireur dans sa ligne de mire, notre homme joue la montre.

Photos, Norman Wilcox & Amanda Johansson. Stylisme, Jérôme André Capture d’écran 2014-09-19 à 15.32.11LOUIS VUITTON. Tambour collection Voyagez II, capsule Voyage. Chemise, Lanvin. Boutons de manchette, Dior Homme

Capture d’écran 2014-09-19 à 15.33.57AUDEMARS PIGUET, Royal Oak Automatique. Veste, Louis Vuitton. Chemise, Brioni

Capture d’écran 2014-09-19 à 15.32.26OMEGA. Seamaster Aqua Terra. Veste, Louis Vuitton. Cravate, Lanvin

Capture d’écran 2014-09-19 à 15.37.22CARTIER. Santos Dumont, mouvement mécanique à remontage

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Swans Live

Titre Citizen KMichael Gira et sa bande débarquent en France pour 4 dates.

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Lorsqu’on parle de Swans, c’est un slogan publicitaire des années 1980 pour France Inter qui nous revient en mémoire : “Pour ceux qui ont quelque chose entre les oreilles”. Il y a un côté rugueux voire un peu macho du Far West chez Michael Gira et ses potes. Un truc qui n’invite pas à la blague. Et puis il y a leur musique entre no wave, noise, blues et imprécations chamaniques, pétrie de références, sombre jusqu’aux abysses, solaire jusqu’au mysticisme, savante au-delà d’elle-même car perpétuellement en quête de l’événement cathartique qui l’excédera. Un concert de Swans, ça pourrait ressembler au prêche fleuve d’un pasteur évangélique sous acide si Michael Gira ne balayait pas la question d’un revers de main. “If you’re looking for a religious conversion, it’s not here”, déclarait-il en mai dernier au journaliste Brandon Stosuy pour Pitchfork. Ceux à qui le titre du dernier album — To Be Kind (www.citizen-k.com/to-be-kind) — a pu faire penser que Swans s’était calmé auront à cœur de vérifier dès la semaine prochaine que les New-Yorkais n’ont rien perdu de leur énergie nihiliste. Michael les attend de pied ferme : pour atteindre quelque chose comme la béatitude, il va d’abord falloir tout faire sauter.

I.R.

Swans sera en concert le 25 septembre à Bruxelles, les 27 et 28 septembre à la Maroquinerie à Paris, le 30 septembre à La Rochelle, et le 6 octobre à Clermont-Ferrand. Plus d’infos sur la tournée 2014/2015 de Swans sur www.lastfm.fr/music/Swans/+events.

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Sonic

Titre Citizen KHedi Slimane met en scène sa rock’n’roll attitude.

Capture d’écran 2014-09-18 à 10.48.03Lou Reed, New York, June 5th 2013

Au moment où, pour la seconde fois de l’année 2014, Yves Saint-Laurent ressuscite dans les salles obscures, le directeur de la Création et de l’Image de la maison Saint-Laurent révèle à Paris quelques clichés issus de sa série Sonic. Photographe amateur depuis la préadolescence, Hedi Slimane est évidemment plus connu pour son travail de styliste, et la célèbre silhouette “skinny” griffée Dior dont les années 2000 ont fait un must du tailoring masculin. Après avoir abandonné le monde de la mode quelques années au profit de sa passion très rock pour le portrait en noir et blanc, le couturier a repris crayons et ciseaux en 2012, mais continue de vibrer aux riffs de guitare et au son des déclencheurs photo. Avec l’exposition présentée jusqu’au 11 janvier à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent, il lève pour la première fois le voile sur 15 années d’archives musicales, et des portraits studio de quelques icônes, parmi lesquelles Keith Richards, Lou Reed ou Chuck Berry. En parallèle, les éditions Xavier Barral présentent dans un somptueux album, intitulé lui aussi Sonic, 200 photographies réunies par Hedi Slimane afin de retracer ses pérégrinations rock de 2009 jusqu’à aujourd’hui.

R.M.

Hedi Slimane — Sonic. Fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent. 5 avenue Marceau. Paris XVIe. Jusqu’au 11 janvier 2015. www.fondation-pb-ysl.net

Sonic, par Hedi Slimane (Xavier Barral)

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Solidarity Forever

Titre Citizen KAvec Pride, le metteur en scène et réalisateur britannique Matthew Warchus tente de ranimer les braises du communautarisme. Marx, nous voilà !

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Au moment où François Hollande recueille 13 % d’opinions favorables (sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match), c’est peu dire qu’en France le mot “socialisme” suscite au mieux une moue de dégoût. Les intérêts individuels ont gagné la partie : même les caciques du PS “oublient” de payer leurs impôts quand ils ne planquent pas leur fric dans quelque paradis fiscal. Valeureux et pour le moins à contre-courant, c’est pourtant la Solidarité avec un grand S que le film Pride, inspiré de faits réels, entreprend de réhabiliter. En 1984, alors que Margaret Thatcher refuse tout dialogue avec les mineurs de charbon en grève et assume une répression brutale de la moindre protestation contre la fermeture des puits, un collectif gay et lesbien sorti de nulle part décide de collecter des fonds pour aider les mineurs et leurs familles. Se faisant appeler LGSM (Lesbians and Gays Support the Minors), les membres de ce groupe font le lien entre les violences policières qu’ils subissent — notamment lors de la Gay Pride — et celles qu’essuient les grévistes. Ils se reconnaissent les mêmes ennemis : le gouvernement Thatcher, les forces de l’ordre et les médias conservateurs. Et un même but : la reconnaissance de leurs droits civiques, à commencer par le simple fait de s’opposer au pouvoir en place. Au-delà des nombreux clivages qui séparent l’enthousiaste collectif gay londonien des rudes travaillistes gallois pour lesquels ils collectent de l’argent — opposition qui, dans le film, donne lieu à quelques scènes d’anthologie aussi drôles que justes, et parfois profondément émouvantes —, les deux communautés parviendront pourtant à s’entendre si bien qu’en remerciement au soutien de la communauté LGBT les syndicats de mineurs défileront à la Gay Pride londonienne de 1985… Servi par un scénario ultra efficace (signé John Beresford), et porté par des acteurs tous remarquables, Pride est le film à voir pour adhérer ne serait-ce que quelques instants à un militantisme compassionnel et généreux. En attendant de se souvenir de l’époque qui est la nôtre, et qu’en mai 2007 — comme Didier Lestrade le rappelait dans son essai Pourquoi les gays sont passés à droite (Seuil, 2012) — nombre de bars homos du Marais ont célébré la victoire de Nicolas Sarkozy.

I.R.

Pride, de Matthew Warchus. Avec Bill Nighy, Imelda Staunton, Dominic West, Paddy Considine, Andrew Scott, George Mackay, Joseph Gilgun, Ben Schnetzer… 1 h 58. En salles.

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Citizen Keane

Titre Citizen KPrenez Tim Burton de vitesse, et déballez avec horreur et volupté le linge sale de Walter Keane. Argent, gloire, sexe, violence et alcool garantis.

Margaret-Keane-AloneAlone, Keane, 1963

En prélude au nouvel opus de Tim Burton, Big Eyes, qui sortira sur les écrans français le 24 décembre, les éditions Feral House ont récemment exhumé une cover story consacrée au peintre Walter Keane parue dans le San Diego Reader en 1991. L’auteur de l’article, Adam Parfrey, est ainsi reparti sur les traces de l’artiste kitsch à l’origine de la Big-Eyes-mania qui submergea les États-Unis dans les années 1950-60, envahissant depuis les cuisines et les chambres à coucher de la middle class jusqu’aux demeures des stars de Hollywood, le siège de l’ONU, et même quelques musées. Peintre adulé doublé d’un businessman diablement habile, Keane fit dire à Andy Warhol, dans une interview publiée dans Life en 1965, que son travail devait forcément être bon, sinon tant de personnes ne l’apprécieraient pas ! CQFD. Mais derrière les enfants aux grands yeux tristes qui firent son succès et sa fortune, derrière ces poulbots hagards dont il avait, prétendait-il, trouvé l’inspiration durant son séjour dans le Berlin de l’immédiat après-guerre, Walter Keane dissimulait un mensonge aussi énorme que les pupilles dilatées de ses petites créatures. L’homme, qui se comparait volontiers à Rembrandt, Degas ou Michel-Ange, était incapable de peindre, et exploitait le talent de son épouse Margaret. Après leur divorce, celle-ci fit un procès à son ex-mari et le remporta sans trop de peine. Mais Walter Keane, tout ruiné et alcoolique qu’il fût, ne céda jamais sur sa version des faits, et prétendit jusqu’à sa mort, en 2005, être l’auteur des Big-Eyed. Margaret, reconnue à sa juste — et toute relative — valeur, ne lui concéda pour sa part qu’une seule qualité : un don inouï pour le marketing. Une sorte de génie qui continue son œuvre par-delà la mort, puisque Tim Burton, collectionneur de l’œuvre de Keane, a réuni 10 millions de dollars pour retracer les tribulations dramatiques du couple, avec Christoph Waltz et Amy Adams dans les rôles principaux. En mémoire de Walter et pour le confort de la Weinstein Company, on espère évidemment que le film fera un joli nombre d’entrées.

I.R.

Citizen Keane: The Big Lies behind the Big Eyes, par Adam Parfrey et Cletus Nelson (Feral House). feralhouse.com

© Copyright 2013 CorbisCorporation Walter et Margaret Keane au travail dans leur maison de Bel Air, novembre 1961

portrait joancL’actrice Joan Crawford devant son portait signé Keane

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Ready to War

Titre Citizen KUne garde-robe comme une armure.

Photos, Matthieu Lavanchy. Stylisme, Jérôme André. Coiffure, Olivier Schawalder. Maquillage, Asami Kawai

Capture d’écran 2014-09-12 à 15.42.27Manteau cuir noir, CERRUTTI 1881 PARIS

Capture d’écran 2014-09-12 à 15.45.03Gilet noir ceinturé, manteau gabardine noire et chemise rouille, le tout PRADA

Capture d’écran 2014-09-12 à 16.00.10Manteau kaki CALKIN KLEIN COLLECTION et manteau laine FAÇONNABLE

Capture d’écran 2014-09-12 à 15.43.37Trench beige et manteau, RAF SIMONS. Boots, ADIDAS x RAF SIMONS

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Late Turner

Titre Citizen KLa Tate Britain met les pleins feux sur les dernières années de création du “peintre de la lumière et des incendies”.

18.00.49Ancient Rome: Agrippina Landing with the Ashes of Germanicus (1839)

Qu’un peintre vieillissant, loin de se singer et à rebours de tout conservatisme, continue ses recherches jusqu’au bout, levant le voile, dans ses dernières années, sur des toiles qui annoncent les bouleversements artistiques des siècles à venir, voici le destin singulier auquel la Tate rend aujourd’hui hommage à travers l’exposition Late Turner: Painting Set Free. Obsédé par la tradition et le legs de Claude Lorrain, Joseph Mallord William Turner (1775-1851) développa pourtant dès ses premières toiles une vision moins classique que romantique, où les jeux de lumière frayaient un nouveau code esthétique. Mais c’est seulement à partir de l’âge de 60 ans qu’il produira ce que ses contemporains lurent parfois comme des signes de sénilité ou de démence, et que l’histoire retiendra comme ses chefs-d’œuvre. À travers plus de 150 toiles, aquarelles, dessins et gravures exécutés entre 1835 et 1850, la Tate rouvre donc en sous-main le débat concernant les sources impressionnistes, mais aussi, avec la réunion dans une seule et même salle des neuf Square Canvases, celui de l’influence de Turner sur l’expressionnisme abstrait.

I.R.

Late Turner: Painting Set Free. Tate Britain. Millbank. Londres. Jusqu’au 25 janvier 2015. www.tate.org.uk

war-the-exile-and-the-rock-limpet-turnerWar: The Exile and the Rock Limpet (1842)

Light and Colour (Goethe's Theory)  - the Morning after the Deluge - Moses Writing the Book of Genesis exhibited 1843 by Joseph Mallord William Turner 1775-1851Light and Colour (Goethe’s Theory): The Morning after the Deluge (1843)

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