Swans Live

Titre Citizen KMichael Gira et sa bande débarquent en France pour 4 dates.

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Lorsqu’on parle de Swans, c’est un slogan publicitaire des années 1980 pour France Inter qui nous revient en mémoire : “Pour ceux qui ont quelque chose entre les oreilles”. Il y a un côté rugueux voire un peu macho du Far West chez Michael Gira et ses potes. Un truc qui n’invite pas à la blague. Et puis il y a leur musique entre no wave, noise, blues et imprécations chamaniques, pétrie de références, sombre jusqu’aux abysses, solaire jusqu’au mysticisme, savante au-delà d’elle-même car perpétuellement en quête de l’événement cathartique qui l’excédera. Un concert de Swans, ça pourrait ressembler au prêche fleuve d’un pasteur évangélique sous acide si Michael Gira ne balayait pas la question d’un revers de main. “If you’re looking for a religious conversion, it’s not here”, déclarait-il en mai dernier au journaliste Brandon Stosuy pour Pitchfork. Ceux à qui le titre du dernier album — To Be Kind (www.citizen-k.com/to-be-kind) — a pu faire penser que Swans s’était calmé auront à cœur de vérifier dès la semaine prochaine que les New-Yorkais n’ont rien perdu de leur énergie nihiliste. Michael les attend de pied ferme : pour atteindre quelque chose comme la béatitude, il va d’abord falloir tout faire sauter.

I.R.

Swans sera en concert le 25 septembre à Bruxelles, les 27 et 28 septembre à la Maroquinerie à Paris, le 30 septembre à La Rochelle, et le 6 octobre à Clermont-Ferrand. Plus d’infos sur la tournée 2014/2015 de Swans sur www.lastfm.fr/music/Swans/+events.

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Sonic

Titre Citizen KHedi Slimane met en scène sa rock’n’roll attitude.

Capture d’écran 2014-09-18 à 10.48.03Lou Reed, New York, June 5th 2013

Au moment où, pour la seconde fois de l’année 2014, Yves Saint-Laurent ressuscite dans les salles obscures, le directeur de la Création et de l’Image de la maison Saint-Laurent révèle à Paris quelques clichés issus de sa série Sonic. Photographe amateur depuis la préadolescence, Hedi Slimane est évidemment plus connu pour son travail de styliste, et la célèbre silhouette “skinny” griffée Dior dont les années 2000 ont fait un must du tailoring masculin. Après avoir abandonné le monde de la mode quelques années au profit de sa passion très rock pour le portrait en noir et blanc, le couturier a repris crayons et ciseaux en 2012, mais continue de vibrer aux riffs de guitare et au son des déclencheurs photo. Avec l’exposition présentée jusqu’au 11 janvier à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent, il lève pour la première fois le voile sur 15 années d’archives musicales, et des portraits studio de quelques icônes, parmi lesquelles Keith Richards, Lou Reed ou Chuck Berry. En parallèle, les éditions Xavier Barral présentent dans un somptueux album, intitulé lui aussi Sonic, 200 photographies réunies par Hedi Slimane afin de retracer ses pérégrinations rock de 2009 jusqu’à aujourd’hui.

R.M.

Hedi Slimane — Sonic. Fondation Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent. 5 avenue Marceau. Paris XVIe. Jusqu’au 11 janvier 2015. www.fondation-pb-ysl.net

Sonic, par Hedi Slimane (Xavier Barral)

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Solidarity Forever

Titre Citizen KAvec Pride, le metteur en scène et réalisateur britannique Matthew Warchus tente de ranimer les braises du communautarisme. Marx, nous voilà !

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Au moment où François Hollande recueille 13 % d’opinions favorables (sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match), c’est peu dire qu’en France le mot “socialisme” suscite au mieux une moue de dégoût. Les intérêts individuels ont gagné la partie : même les caciques du PS “oublient” de payer leurs impôts quand ils ne planquent pas leur fric dans quelque paradis fiscal. Valeureux et pour le moins à contre-courant, c’est pourtant la Solidarité avec un grand S que le film Pride, inspiré de faits réels, entreprend de réhabiliter. En 1984, alors que Margaret Thatcher refuse tout dialogue avec les mineurs de charbon en grève et assume une répression brutale de la moindre protestation contre la fermeture des puits, un collectif gay et lesbien sorti de nulle part décide de collecter des fonds pour aider les mineurs et leurs familles. Se faisant appeler LGSM (Lesbians and Gays Support the Minors), les membres de ce groupe font le lien entre les violences policières qu’ils subissent — notamment lors de la Gay Pride — et celles qu’essuient les grévistes. Ils se reconnaissent les mêmes ennemis : le gouvernement Thatcher, les forces de l’ordre et les médias conservateurs. Et un même but : la reconnaissance de leurs droits civiques, à commencer par le simple fait de s’opposer au pouvoir en place. Au-delà des nombreux clivages qui séparent l’enthousiaste collectif gay londonien des rudes travaillistes gallois pour lesquels ils collectent de l’argent — opposition qui, dans le film, donne lieu à quelques scènes d’anthologie aussi drôles que justes, et parfois profondément émouvantes —, les deux communautés parviendront pourtant à s’entendre si bien qu’en remerciement au soutien de la communauté LGBT les syndicats de mineurs défileront à la Gay Pride londonienne de 1985… Servi par un scénario ultra efficace (signé John Beresford), et porté par des acteurs tous remarquables, Pride est le film à voir pour adhérer ne serait-ce que quelques instants à un militantisme compassionnel et généreux. En attendant de se souvenir de l’époque qui est la nôtre, et qu’en mai 2007 — comme Didier Lestrade le rappelait dans son essai Pourquoi les gays sont passés à droite (Seuil, 2012) — nombre de bars homos du Marais ont célébré la victoire de Nicolas Sarkozy.

I.R.

Pride, de Matthew Warchus. Avec Bill Nighy, Imelda Staunton, Dominic West, Paddy Considine, Andrew Scott, George Mackay, Joseph Gilgun, Ben Schnetzer… 1 h 58. En salles.

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Citizen Keane

Titre Citizen KPrenez Tim Burton de vitesse, et déballez avec horreur et volupté le linge sale de Walter Keane. Argent, gloire, sexe, violence et alcool garantis.

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En prélude au nouvel opus de Tim Burton, Big Eyes, qui sortira sur les écrans français le 24 décembre, les éditions Feral House ont récemment exhumé une cover story consacrée au peintre Walter Keane parue dans le San Diego Reader en 1991. L’auteur de l’article, Adam Parfrey, est ainsi reparti sur les traces de l’artiste kitsch à l’origine de la Big-Eyes-mania qui submergea les États-Unis dans les années 1950-60, envahissant depuis les cuisines et les chambres à coucher de la middle class jusqu’aux demeures des stars de Hollywood, le siège de l’ONU, et même quelques musées. Peintre adulé doublé d’un businessman diablement habile, Keane fit dire à Andy Warhol, dans une interview publiée dans Life en 1965, que son travail devait forcément être bon, sinon tant de personnes ne l’apprécieraient pas ! CQFD. Mais derrière les enfants aux grands yeux tristes qui firent son succès et sa fortune, derrière ces poulbots hagards dont il avait, prétendait-il, trouvé l’inspiration durant son séjour dans le Berlin de l’immédiat après-guerre, Walter Keane dissimulait un mensonge aussi énorme que les pupilles dilatées de ses petites créatures. L’homme, qui se comparait volontiers à Rembrandt, Degas ou Michel-Ange, était incapable de peindre, et exploitait le talent de son épouse Margaret. Après leur divorce, celle-ci fit un procès à son ex-mari et le remporta sans trop de peine. Mais Walter Keane, tout ruiné et alcoolique qu’il fût, ne céda jamais sur sa version des faits, et prétendit jusqu’à sa mort, en 2005, être l’auteur des Big-Eyed. Margaret, reconnue à sa juste — et toute relative — valeur, ne lui concéda pour sa part qu’une seule qualité : un don inouï pour le marketing. Une sorte de génie qui continue son œuvre par-delà la mort, puisque Tim Burton, collectionneur de l’œuvre de Keane, a réuni 10 millions de dollars pour retracer les tribulations dramatiques du couple, avec Christoph Waltz et Amy Adams dans les rôles principaux. En mémoire de Walter et pour le confort de la Weinstein Company, on espère évidemment que le film fera un joli nombre d’entrées.

I.R.

Citizen Keane: The Big Lies behind the Big Eyes, par Adam Parfrey et Cletus Nelson (Feral House). feralhouse.com

© Copyright 2013 CorbisCorporation Walter et Margaret Keane au travail dans leur maison de Bel Air, novembre 1961

portrait joancL’actrice Joan Crawford devant son portait signé Keane

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Ready to War

Titre Citizen KUne garde-robe comme une armure.

Photos, Matthieu Lavanchy. Stylisme, Jérôme André. Coiffure, Olivier Schawalder. Maquillage, Asami Kawai

Capture d’écran 2014-09-12 à 15.42.27Manteau cuir noir, CERRUTTI 1881 PARIS

Capture d’écran 2014-09-12 à 15.45.03Gilet noir ceinturé, manteau gabardine noire et chemise rouille, le tout PRADA

Capture d’écran 2014-09-12 à 16.00.10Manteau kaki CALKIN KLEIN COLLECTION et manteau laine FAÇONNABLE

Capture d’écran 2014-09-12 à 15.43.37Trench beige et manteau, RAF SIMONS. Boots, ADIDAS x RAF SIMONS

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Late Turner

Titre Citizen KLa Tate Britain met les pleins feux sur les dernières années de création du “peintre de la lumière et des incendies”.

18.00.49Ancient Rome: Agrippina Landing with the Ashes of Germanicus (1839)

Qu’un peintre vieillissant, loin de se singer et à rebours de tout conservatisme, continue ses recherches jusqu’au bout, levant le voile, dans ses dernières années, sur des toiles qui annoncent les bouleversements artistiques des siècles à venir, voici le destin singulier auquel la Tate rend aujourd’hui hommage à travers l’exposition Late Turner: Painting Set Free. Obsédé par la tradition et le legs de Claude Lorrain, Joseph Mallord William Turner (1775-1851) développa pourtant dès ses premières toiles une vision moins classique que romantique, où les jeux de lumière frayaient un nouveau code esthétique. Mais c’est seulement à partir de l’âge de 60 ans qu’il produira ce que ses contemporains lurent parfois comme des signes de sénilité ou de démence, et que l’histoire retiendra comme ses chefs-d’œuvre. À travers plus de 150 toiles, aquarelles, dessins et gravures exécutés entre 1835 et 1850, la Tate rouvre donc en sous-main le débat concernant les sources impressionnistes, mais aussi, avec la réunion dans une seule et même salle des neuf Square Canvases, celui de l’influence de Turner sur l’expressionnisme abstrait.

I.R.

Late Turner: Painting Set Free. Tate Britain. Millbank. Londres. Jusqu’au 25 janvier 2015. www.tate.org.uk

war-the-exile-and-the-rock-limpet-turnerWar: The Exile and the Rock Limpet (1842)

Light and Colour (Goethe's Theory)  - the Morning after the Deluge - Moses Writing the Book of Genesis exhibited 1843 by Joseph Mallord William Turner 1775-1851Light and Colour (Goethe’s Theory): The Morning after the Deluge (1843)

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Orlando tranquillo

Titre Citizen KJean-Christophe Béchet surprend The City Beautiful au saut du lit.

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On a déjà dit ici tout le bien que l’on pense de la collection This is not a map aux éditions Poetry Wanted (www.citizen-k.com/fast-vegas/), qui a pour vocation de présenter sous forme de pseudo cartes routières des reportages photographiques effectués au quatre coins du globe. Après l’État du Texas et Las Vegas, c’est cette fois la capitale des complexes de loisir, Orlando, qui se déploie en accordéon pour révéler un panorama très loin des attractions phares de Disney World ou Islands of Adventure. Pendant chacun de ses quatre séjours floridiens, le photographe Jean-Christophe Béchet a en effet choisi de saisir les abords d’International Drive entre 6 et 7 heures du matin, pour capter dans cette unité de temps et de lieu quelques trajectoires humaines à demi dissoutes dans la brume du matin. Des joggeurs — blancs — et des travailleurs de l’aube — noirs — traversent ses 32 images issues de la série American Puzzle, et ici réunies comme autant de spectres d’une Amérique où une ségrégation latente a toujours cours.

I.R.

Orlando, Florida: This is not a map but a photographic journey, par Jean-Christophe Béchet (Poetry Wanted). www.thisisnotamap.com

Capture d’écran 2014-09-10 à 15.18.08 La solitude du coureur de fond sur International Drive

Capture d’écran 2014-09-10 à 15.17.47Premiers clients à la supérette du coin

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Near Death Experience

Titre Citizen KAvec Near Death Experience, Benoît Delepine et Gustave Kervern offrent à Michel Houellebecq un rôle à la démesure de son dégoût du monde.

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“Obsolète. Voilà. J’ai 56 ans et je suis obsolète. 56 ans. L’âge de mon grand-père quand j’avais 7 ans. Avant, on était vieux, un pépé. On attendait tranquillement la retraite. On ne vous demandait pas d’atteindre des objectifs. De les dépasser. On ne vous demandait pas d’être toujours séduisant. D’être habillé en jeune. D’être un homme viril, de baiser encore. De faire du sport. De manger équilibré. D’aimer sa femme comme au premier jour, d’être le meilleur copain de ses enfants… On ne vous demandait pas d’être créatif. D’avoir de l’humour. Et des passions ! T’as eu de la chance pépé. T’as eu le droit de n’être qu’un pépé. Moi, tu vois, en étant comme t’étais, je suis devenu un pauvre gars. Obsolète.” Perdu dans le maquis où il s’est réfugié en attendant de se suicider, Paul, agent d’une plateforme téléphonique, marié, deux enfants, médite ainsi en voix off dans le dernier opus de Benoît Delepine et Gustave Kervern (Mammuth, Le Grand Soir). Michel Houellebecq lui prête sa lippe tombante, sa manière unique de fumer des clopes, sa silhouette ridiculement moulée dans une tenue de cycliste et ses marmottements. Il y a quinze jours, sur Arte, dans L’Enlèvement de Michel Houellebecq réalisé par Guillaume Nicloux, l’écrivain présentait à la caméra son profil burlesque. Aujourd’hui, c’est son ombre dépressive qu’il projette avec maestria sur fond de Schubert dans Near Death Experience. Car Paul lui ressemble comme un jumeau qui n’aurait pas écrit de romans, et n’aurait vécu jusqu’à sa mort pas même tragique que l’existence déceptive autrefois décrite dans Extension du domaine de la lutte (1994). “La vie doit être enivrante… la vie doit être enivrante…”, psalmodie Paul en tournant sur lui-même comme un anachorète au désert. Mais même la nature n’offre nul échappatoire, nulle rédemption, nul réconfort. “Elle n’aura pas lieu, la fusion sublime”, remarquait déjà Houellebecq à la toute fin de son premier roman. Œuvre où la vie s’avoue à elle-même son échec, Near Death Experience renverse les valeurs pour mieux embrasser le néant. Et c’est la grande réussite du monologue mis en images par Delepine et Kerven que de montrer sans pathos larmoyant ni distance critique combien la mort, fût-elle volontaire, n’est finalement qu’un autre non-événement.

N.B.

Near Death Experience, de Benoît Delepine et Gustave Kervern. Avec Michel Houellebecq. 1 h 27. En salles.

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Puzzles primitifs

Titre Citizen KLe domaine de Chantilly signe l’événement muséal de la rentrée en recomposant quelques-uns des chefs-d’œuvre des maîtres du Quattrocento. 

Capture d’écran 2014-09-09 à 10.16.44Le Choix d’Esther par Assuérus, Sandro Botticelli et Filippino Lippi

Parmi les Primitifs italiens, c’est tout naturellement la crème de la crème que donne à voir le domaine de Chantilly. Le musée Condé, sis dans le château, présente en effet jusqu’au début de l’année prochaine plus de trente œuvres majeures de ses collections associées à neuf peintures prêtées par de prestigieuses institutions internationales. Le but de cette mise en regard est de dévoiler pour la première fois depuis leur démembrement les polyptyques dont sont issues quelques-unes des pièces les plus célèbres de la collection du duc d’Aumale. C’est ainsi que le Saint Benoît à Subiaco de Fra Angelico est ici présenté en compagnie de quatre autres panneaux avec lesquels il composait originellement une scène érémitique. Idem pour Le choix d’Esther par Assuérus attribué à Botticelli et son élève Filippino Lippi qui, grâce à un prêt du musée du Louvre, retrouve momentanément son pendant, puisque les deux panneaux faisaient à l’origine partie d’un jeu de deux cassoni (coffres de mariage). À travers cette exposition d’autant plus exceptionnelle que la collection du duc d’Aumale présentée au musée Condé ne peut, en raison des volontés testamentaires du duc, quitter le domaine de Chantilly — obligeant donc le monde d’Anvers à Philadelphie en passant par Ottawa et Cherbourg à venir à elle —, ce sont parmi les plus beaux trésors florentins et siennois du Quattrocento qui sont recomposés comme par magie dans la Salle du jeu de paume. En attendant d’autres possibles découvertes, puisque certains des retables exposés ou virtuellement réunis sont toujours incomplets.

I.R.

Fra Angelico, Botticelli… Chefs-d’œuvre retrouvés. Château du domaine de Chantilly. Salle du jeu de paume. Jusqu’au 4 janvier 2015. www.chateaudechantilly.com

Capture d’écran 2014-09-09 à 10.16.33Saint Benoit en extase au désert, Fra Angelico et son atelier

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Scarlett au haras

Citizen KLes vacances terminées, voici le temps de remettre le pied à l’étrier. Au galop, citoyens !

11.55.44Bague La Strada, CHOPARD, et bague Bois de rose, DIOR JOAILLERIE

Pour mieux reprendre le mors aux dents en ce début septembre, la cavalière Éléonore Lambilliote, grand espoir du jumping belge, s’est harnachée de somptueuses parures d’or et de diamants qui font piaffer d’envie sa monture. Une série joaillerie qui invite à se remettre en selle pour affronter les obstacles de la rentrée. R.M.

Photos, Giamaolo Vimercati. Stylisme, Vanessa Guidici. Coiffure, Rita Dell’Orco

Capture d’écran 2014-09-08 à 13.46.11Manchette or jaune et anneaux coordonnés, collection My Dior, DIOR JOAILLERIE

11.57.00 Bagues Parentesi Cocktail et Serpenti, BVLGARI. Montre Grande Reverso Ultra Thin 1931, JAEGER-LECOULTRE

Capture d’écran 2014-09-08 à 13.45.31Bague Horsebit Cocktail, GUCCI, Anneaux Enchanted Lotus et Talisman, DE BEERS

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