La poudre d’escampette

Titre Citizen KToujours en kiosque, le numéro d’été de Citizen K International vous invite à la rencontre d’une vraie jeune fille des années 1960 qui s’essaie à la garde-robe de l’automne-hiver 2014/15. Back to the couture.

11.00.50Trench python, Roberto Cavalli. Cravate bleue, Prada

Dans le village, on la connaît bien et on la reconnaît de loin. Elle s’habille trop court, se décolore les cheveux dans le genre Belle de jour, se maquille les yeux avec du khôl, se la joue actrice ou mannequin. Et avec ça, toujours à faire la tronche. Ça plaît pas, c’est sûr. Elle, elle veut se barrer d’ici et monter à Paris. Elle attend. Un jour, une voiture viendra la chercher pour l’emmener. Un jour… — R.M.

Photos, Michael Hemy. Stylisme, Jérôme André. Coiffure, Ramona Eschbach. Maquillage, Min Kim

11.01.23Pull, Paul Smith. Jupe vinyle, Courrèges. Bottines, Gucci

12.58.24Manteau, Sisley. Pull, Courrèges. Jupe cuir, Jitrois. Ceinture, Marni

11.00.30Robe, Karl Lagerfeld. Cravate, Prada. Bottes, Gucci. Sac à dos, Lanvin

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De l’air !

Titre Citizen KOn annonce 30° à Saint-Tropez ce week-end. D’un coup d’éventail, réinventez les codes de la drague balnéaire.

wp8ec3c9e0Édouard Manet, La Dame aux éventails, 1873

Soudain, sur la plage ou en terrasse, l’allure et le regard d’un bel inconnu vous transportent d’aise et vous donne envie d’en savoir davantage sur l’apollon. Timide, vous n’osez pas faire le premier pas. Pire, vous êtes plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, et ne connaissez évidemment pas son 06 pour lui envoyer un sms. Que faire ? Citizen K vous propose une alternative fashion au clin d’œil graveleux : l’éventail. Inventé au XIXe siècle pour permettre aux jeunes filles de flirter sans déroger aux convenances, le langage de l’éventail détourne la gestuelle propre à son usage pour signifier vos désirs l’air de rien. Reste évidemment à espérer que l’objet de vos éventements décrypte vos mouvements de façon juste et claire… Pour les débutants, émetteurs ou récepteurs potentiels, voici quelques figures de base.

Le tenir dans la main droite face au visage : suivez-moi jeune homme

Le tenir dans la main gauche face au visage : je désire un entretien


Le faire tournoyer de la main gauche : nous sommes surveillés


Le faire glisser sur la joue : je vous aime 

Le poser sur ses lèvres : embrassez-moi

Le laisser ouvert immobile : attendez-moi


Le porter ouvert de la main gauche : venez me parler

Le placer derrière la tête : ne m’oubliez pas


I.R.

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L’instant T

Titre Citizen KConsacré par un supplément spécial d’Art Press (daté juillet-août 2014), Richard Texier impose plus que jamais sa stature de Titan dans le paysage de l’art contemporain. Pour Citizen K Homme Sport, notre journaliste Charles Consigny a recueilli ses confidences. Extraits.

Portrait RTbdef copieRichard Texier au milieu de quelques-unes de ses œuvres récentes

Charles Consigny  : Art Press vous consacre un numéro spécial. Qu’est-ce que cela représente pour vous  ?

Richard Texier  : On a travaillé avec Art Press dans l’idée de clarifier mon parcours, de le mettre en perspective. Chercher à comprendre, singulièrement pour le Panthéo-Vortex, à quel moment il est né. Il y a près de trois ans, j’ai regardé une poire comme une œuvre d’art majeure, un Brancusi. La réalité panthéiste de mon travail est passée au plan conscient à ce moment-là. Comme un mythe fondateur. Mais cette histoire venait de bien plus loin ! Si on regarde attentivement l’ensemble des séries d’œuvres que j’ai créé depuis quarante ans, on voit apparaître le concept du “Panthéo-Vortex”. En fait celui-ci vit en moi depuis toujours, y compris en termes chromatiques, de matière, d’obsession de la vie naturelle, panthéiste, biologique. L’organisation des forces cosmiques, le macro, le micro, tout est déjà présent dans mon travail depuis fort longtemps. En fait, je l’exprime depuis les Calendriers lunaires de 1982. Ensuite, il y a eu la grande série Theoria Sacra, qui parle de mécanique céleste, d’histoire de l’astronomie, autre culte panthéiste, mais à l’échelle du Cosmos. Et puis la série Chaosmos, née du concept de Deleuze et Guattari, qui parle de l’histoire de l’énergie. Dans la vie de l’esprit et la vie des hommes, l’énergie c’est le désir. Comment le désir influe, articule, enflamme, crée des territoires. Cette idée du chaos initial, de l’énergie en expansion qui cherche un point d’équilibre. C’est peut-être cela, Dieu : l’envie, la capacité, le tropisme de la matière à s’équilibrer.

Quand on devient artiste, et qu’on prend la décision de ne faire que ça, on prend un risque énorme, puisque l’on s’expose à une misère totale. Comment pensez-vous que vous auriez vécu le fait d’être un peintre comme il y a eu tant de grands peintres qui ont passé leur vie dans la misère  ?

J’étais sûr que ça ne marcherait jamais. J’étais construit là-dessus et j’avais fondé ma certitude sur ma fréquentation assez assidue, régulière et amicale de Jean Degottex. Il avait 60 ans, j’en avais 25. Je me souviens d’un jour où il faisait très froid dans son atelier ; je l’aidais à tendre des grands châssis, la chaudière était cassée et il ne pouvait, faute d’argent, la réparer. Cela nourrissait ce que je pensais déjà. Que quelqu’un de sa qualité, avec le parcours qu’il avait, ne puisse pas se chauffer, impliquait un avenir bien pire pour moi. Je m’étais construit sur l’idée que ça ne marcherait jamais, qu’au mieux j’en survivrais. Quoi qu’il en soit, c’est assez malsain de vouloir faire une carrière avant une œuvre. Quand on est artiste, on est automandaté : si ça intéresse les autres, c’est inespéré.

Comment cela s’est-il passé concrètement  ? À quel âge avez-vous commencé  ?

À l’entrée en sixième, j’avais onze ans, on vous obligeait à acheter le Lagarde & Michard. J’ai feuilleté le volume du XXe siècle, et suis tombé sur une double page où il y avait à gauche un tableau de Joan Miró, Intérieur hollandais, et à droite un tableau d’Yves Tanguy, Jour de lenteur. Ce jour-là, la foudre m’est tombée sur la tête. Je me suis dit que je voulais vivre comme ça. Je n’avais aucune idée de ce que ça représentait, je ne savais pas ce qu’était le surréalisme, je me suis engagé dans cette histoire comme halluciné, en ayant la conviction que c’était mon territoire.

Il y a une grande différence entre le projet Vortex et ce que vous faisiez avant. Ne doit-on pas y voir tout de même une rupture  ?

Je l’ai cru, mais il y a au cœur de mon travail, depuis le début, cette idée de célébration panthéiste. Depuis peu de temps, Panthéo-Vortex s’est imposé dans mon travail avec une très grande force. C’est la première fois qu’une série arrive avec autant de netteté.

Retrouvez la suite de l’interview de Richard Texier dans le dernier numéro de Citizen K Homme Sport.

Paleo 02bdef copieRichard Texier, Paleo, 2013

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L’étoffe des héros

Titre Citizen KPlus fort que Cristina Córdula, France Dress Code vous relooke en fonction de vos destinations de voyage.

closet“Il est un peu boring pour Milan ton dressing, ma chérie !”

En 1989, venant retirer son César pour son interprétation dans Camille Claudel, c’est vêtue d’une robe aux influences orientales qu’Isabelle Adjani se présenta sur scène pour lire un extrait des Versets sataniques quand leur auteur venait d’être frappé d’une fatwa. Ce que l’étoffe qui la parait signifiait était évidemment son appartenance de cœur et de sang à la communauté musulmane (son père était algérien), appartenance qui, en se doublant d’une citation de Salman Rushdie, entendait signifier qu’il ne fallait pas faire l’amalgame entre l’islam et l’obscurantisme sanguinaire de l’ayatollah Khomeini. Moins risqué et plus littéral fut le message envoyé par la veste Franck Sorbier portée par Marie-Laure de Villepin lorsque son mari quitta Matignon. “Adios, bye-bye, salut, ciao !” : l’humeur était manifestement au soulagement du côté de l’épouse du Premier ministre. C’est sans doute inspiré par ces deux pasionarias du chiffon, que le site web France Dress Code a décidé de sensibiliser nos cœurs et nos dressings à des usages culturels qui diffèrent selon les latitudes. “Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà”, constatait déjà l’auteur des Provinciales. Et en matière de dégaine “provinciale”, la plus lookée des Parisiennes n’est pas à l’abri d’un faux-pas à Lyon, La Baule ou Saint-Tropez. Sans parler de destinations stylistiques plus “casse-gueule” type Bilbao ou Istanbul… Heureusement, grâce aux conseils avisés des sémiologues de France Dress Code et de leurs partenaires prestigieux (parmi lesquels Christian Louboutin, Lanvin, Saint Laurent ou Roberto Cavalli), la fashionista en partance pour une destination inconnue saura faire sa valise en moins de deux, et surtout sans la moindre faute de goût afin d’“envoyer le bon message” à ses interlocuteurs potentiels. Vous vous envolez pour Zurich ? Révisez vos classiques. Vous partez à Moscou ? N’ayez pas peur du glitter. Enfin, si votre personnalité inclassable ne saurait se contenter de généralités, n’hésitez pas à solliciter le service RSV Personnel qui vous fournira une proposition chiffrée de la valise idéale, voire des personal shoppers qui vous suppléeront manu militari. Et si les tarifs vous rebutent un peu a priori, gardez bien en tête que Roland Barthes a mis plus de six années pour écrire son Système de la Mode. Votre avion n’attendra sans doute pas 2020…

I.R.

Retrouvez tous les services de France Dress Code sur www.francedresscode.com

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FKA twigs

Titre Citizen KLa trip-hop made in Great Britain a trouvé sa nouvelle diva.

Capture d’écran 2014-08-09 à 19.49.00

Échappée du comté de Gloucestershire où elle grandit, l’intrigante Tahliah Barnett, qui livrait dernièrement son premier concert en France au Carreau du Temple, nous ouvre aujourd’hui  les portes de son sanctuaire musical à travers un album inaugural sobrement intitulé LP1. Cette weirdo de 26 ans, signée sur Young Turks (Jamie XX, SBTRKT…), dépoussière la trip-hop en la mixant à des influences pop (Two Weeks), mystico-électroniques (Water Me) ou aériennes façon Tricky (Pendulum). Au-delà de ses murmures aiguisés sur de very explicit lyrics, FKA twigs (pour “Formerly Known As Twigs”) se révèle ici en digne héritière du New Age et de la meilleure veine de Massive Attack.

Yves Calin

LP1, FKA twigs (Young Turks). Sortie le 11 août 2014.

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Places to be #5

Titre Citizen KPour conclure notre séjour londonien, nous vous proposons un petit bouillon de culture roboratif.

Capture d’écran 2014-08-07 à 20.05.50Sur le Berwick Street Market, les endives arborent fièrement l’Union Jack.

On commence par la culture, la vraie, celle de la terre et du terroir, qui prend ses aises tous les jours sauf le dimanche sur Berwick Street. Depuis le XVIIIe siècle, cette artère commerçante de Soho accueille un Food Market où les commerçants ambulants vont à la rencontre des citadins qui souhaitent remplir leur réfrigérateur de produits sains et goûteux. Passé les étals de fruits et légumes, de viandes ou de fromages (et hop, une tranche de Stilton !), on s’aventurera sur les trottoirs pour lécher les vitrines des disquaires qui, à la suite des magasins de nouveautés qui pullulaient jusque après-guerre, ont envahi la rue. Ici les vinyles sont rois et les bootlegs vénérés, car les boutiques proposent un grand nombre d’articles de deuxième main. Après une halte chez le Chicagoan immigré à Londres Reckless Records, ainsi que chez ses confrères Sister Ray ou Sound of the Universe, les amateurs de BD et de romans graphiques trouveront leur lieu naturel chez Gosh! Un peu moody de reprendre l’Eurostar, on refera alors un petit tour vers Carnaby en passant par Poland Street et Phonica à la recherche de noise ou de krautrock. Dans la foulée, on se hasardera chez Sadie Coles, une galerie d’art contemporain qui expose en ce moment et jusqu’au 16 août des œuvres récentes de Jim Lambie (Glasgow, 1964). Sous le titre Answer Machine, l’artiste, qui est aussi DJ à ses heures, y questionne les vibrants échos de la bande-son de notre quotidien. Aucun doute, à Carnaby plus qu’ailleurs, tout commence et finit en musique.

R.M.

Capture d’écran 2014-08-07 à 19.31.36Le monde des bulles s’éclate chez Gosh!

Capture d’écran 2014-08-07 à 19.39.56Orange is the new black selon Reckless Records.

Capture d’écran 2014-08-04 à 18.17.28Jim Lambie, un artiste on ne peut plus “branché”

ADRESSES : Berwick Street Market, Berwick Street & Rupert Street, du lundi au samedi de 9 à 18 heures. Gosh!, 1 Berwick Street, www.goshlondon.com. Sounds of the Universe, 7 Broadwick Street, www.soundsoftheuniverse.comReckless Records, 30 Berwick Street, http://reckless.co.ukSister Ray, 75 Berwick Street, www.sisterray.co.uk. Phonica, 51 Poland Street, www.phonicarecords.comSadie Coles Gallery, 69 Kingly Street, www.sadiecoles.com.

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Places to be #4

Titre Citizen KAvant-dernière étape de notre semaine à Londres, on chausse nos bottes de sept lieues pour sillonner Seven Dials.

Capture d’écran 2014-08-07 à 10.40.21Seven Dials pour six cadrans solaires : l’humour anglais.

Capture 2014-08-07 à 10.36.29Un hommage à Elsa Schiaparelli signé Tatty Devine

Pour les Londoniens, le quartier que nous avons découvert hier au nord-ouest de Covent Garden porte un nom. Ce périmètre centré autour d’une colonne flanquée en son acmé de six cadrans solaires se nomme Seven Dials, et a été conçu à la fin du XVIIe siècle par Thomas Neale. Mais pourquoi six cadrans pour Seven Dials ? La raison est on ne peut moins énigmatique, et n’a rien avoir le roman d’Agatha Christie. Au départ, dans le plan de Neale — lequel est aussi l’auteur du monument —, seules six rue devaient se croiser ici avant qu’on en décide autrement. Ce mystère éclairci, il convient alors de mieux faire connaissance avec ce qui fut, avant son renouveau ultra hype, l’un des quartiers les plus mal famés de Londres selon Charles Dickens… Dans la partie ouest de Monmouth Street, on fera d’abord halte chez Tatty Devine pour succomber à l’un des bijoux ou accessoires en plexiglas de cette marque very bristish et complètement toquée. Qu’on ne s’y trompe pas : de la tête de mort bariolée façon Dià de Muertos jusqu’au homard surréaliste, tout est ici fait main. Plaisir coupable, on pourra même laisser parler son egomania en commandant un collier à son nom (compter 30 mn pour la réalisation). Plus loin, à l’est de la colonne, sur Neal Street, il sera temps de chausser ses lunettes de vue ou de soleil pour en choisir une nouvelle paire chez Bailey Nelson. Cet opticien a l’audace de ne pas griffer ses montures aux allures délicieusement vintage, et de les proposer au prix unique et plus qu’attractif de 98 £. À quelques encablures, encore plus “vintage like”, la designer irlandaise Orla Kiely réinterprète le prêt-à-porter et l’art de vivre façon Palm Springs à travers des pièces très 50′s. Puis vous vous laisserez guider par votre troisième sens de l’autre côté de la rue, dans la boutique du parfumeur Miller Harris qui signe le seul parfum que Jane Birkin veuille bien porter : L’air de rien. Fondée en 2000 par l’Anglaise francophone et francophile Lyn Harris, la marque compte aujourd’hui plus d’une vingtaine de références (on est tout particulièrement fan de La Pluie et de Feuilles de tabac) qui ne cessent de surprendre une clientèle en quête de fragrances mêlant l’authenticité à la sophistication. Enfin, on se laissera tenter par une bière ou un verre de cidre (la boisson londonienne du moment) chez Ape & Bird. Aucun primate à l’horizon, mais la légende veut que les sous-sols de Seven Dials recèlent un réseau de souterrains qui relie les pubs entre eux, et permettait autrefois aux malfrats du quartier de s’éclipser ni vu ni connu. On vous laisse donc investiger…

R.M.

Capture d’écran 2014-08-07 à 10.23.59Avec Orla Kiely, l’élégance et l’art ménager des 50′s sont toujours à l’ordre du jour.

Capture d’écran 2014-08-07 à 10.20.45Ape & Bird entre chien et loup

ADRESSES : Tatty Devine, 44 Monmouth Street, www.tattydevine.com. Bailey Nelson London, 69 Neal Street, www.baileynelson.co.uk. Orla Kiely, 31-33 Monmouth Street, www.orlakiely.comMiller Harris, 14 Monmouth Street, www.millerharris.com. Ape & Bird, 142 Shaftesbury Avenue, www.apeandbird.com.

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Places to be #3

Titre Citizen KAujourd’hui, Covent Garden nous ouvre son jardin secret où s’épanouissent des fleurs de toute nature.

Capture d’écran 2014 à 10.31.50 Neal’s Yard ou le paradis du bio

imageC’est toujours l’heure de la cueillette chez Cath Kidston !

Covent Garden, c’est une quinzaine de théâtres, plus d’une soixantaine de bars et de pubs animés, et le pendant british du Walk of Fame, l’Avenue of Stars qui passe devant l’église Saint-Paul où Gwen Stefani et Gavin Rossdale célébrèrent leur union en 2002. C’est aussi, évidemment, le Royal Opera House au pied duquel nous commençons une promenade d’inspiration bucolique vers Shorts Garden Street qui offre une entrée vers une placette on ne peut plus charmante, Neal’s Yard, où restaurants healthy et officines New Age composent une ambiance aussi colorée que bon enfant. C’est donc animé par le Flower Power qu’on s’aventurera ensuite à quelques pas de là, sur Shelton Street, pour se rassasier d’imprimés fleuris déclinés en toute sorte d’accessoires cute chez Cath Kidston. De boutiques en découvertes, on se dirigera alors vers Slingsby Place. Là, au cœur d’un petit quadrilatère délimité par Shelton Street et Mercer Street, Long Acre et Upper St Martin’s Lane, l’enclave de St Martin’s Courtyard, tout récemment réhabilitée, combine shopping, détente et plaisir dans une ambiance si calme qu’on se croirait très loin du centre de Londres. Outre les spots fashion (Barbour, Jaeger, L.K. Bennett…) et les bars et restos plus engageants les uns que les autres (pour les amateurs, on recommande particulièrement un real english breakfast chez Bill), on trouvera ici de quoi faire la paix avec le monde grâce au spa Relax, aux cours de Pilates et de yoga dispensées chez Yotopia Yoga, ou, last but not least, à l’Academy of Flowers. Ici, entre deux brassées d’azalées, de roses et de marguerites, la Nature invite non seulement à succomber — ainsi que le font nombre de palaces londoniens, événements mondains ou mariages chic — à ses créations gracieusement mises en forme, mais aussi à s’initier à l’art de composer soi-même des décorations florales (compter environ 200 £ pour une journée d’étude thématique). La duchesse de Cornouailles, Camilla, a elle-même tenté l’expérience et s’est dite conquise. De l’avis de tous, son bouquet était somptueux. “Elle a la main verte, c’est une évidence !”, confie Gillian Wheeler, la directrice de l’Académie. En fixant nos dix doigts et l’amas flétri à côté, on s’est dit comme Calimero que la vie était décidément trop injuste…

R.M.

Capture d’écran 2014-08-06 à 13.09.55Vue de St Martin’s Courtyard, entre l’Academy of Flowers et la terrasse de Bill’s

Capture d’écran 2014-08-06 à 11.06.45Il faudra plus d’une journée de cours à l’Academy of Flowers pour parvenir à ce résultat !

ADRESSES : Cath Kidston, 28-32 Shelton Street. Bill’s, St Martin’s Courtyard, 13 Slingsby Place. Relax, 7 Mercer Street. Yotopia Yoga, 13 Mercer Street. Academy of Flowers, St Martin’s Courtyard, 9 Slingsby Place, www.academyofflowers.com

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Places to be #2

Titre Citizen KDeuxième journée de notre semaine au cœur de la capitale britannique, nous repartons arpenter Carnaby pour une après-midi shopping, carnet d’adresses en main.

Capture d’écran 2014-08-04 à 17.52.15Chez Benefit Carnaby, la mise en beauté peut aussi passer par une coupe de champagne.

Capture d’écran 2014-08-04 à 18.02.11Illamasqua, une école de maquillage aux allures de cabaret.

Le secret d’une virée shopping réussie, où tout vous va surtout ce que vous ne vous attendiez pas à essayer, c’est évidemment de se sentir en beauté et bien dans sa peau. C’est dans cet esprit qu’on se rend d’abord chez Benefit pour un soin ou une manucure. D’un plaisir l’autre, on y succombera évidemment au bar à champagne (une exclusivité de la boutique de Carnaby) : quelques bulles ajoutent à l’enthousiasme, sinon à l’inspiration. À deux pas de là, pour les défricheurs qui souhaitent découvrir des cosmétiques encore inédits sur le Continent, Illamasqua ouvrira ses tentures qui confèrent à la boutique une ambiance de cabaret et vous offrira deux options : un maquillage professionnel et la découverte des produits de la marque, ou bien, pour les plus studieux, des cours de make-up art dispensés par quelques grandes prêtresses des coulisses des shootings de mode ou des plateaux de cinéma (à partir de 50 £). Parées pour conquérir le pavé et les miroirs, vous partirez alors à l’assaut des cabines d’essayage. En vrac — et en oubliant quantité d’enseignes intéressantes qui gravitent autour du grand magasin Liberty —, on vous conseille un passage dans le flagship du Suédois Cheap Monday pour trouver un jean, chez sa petite sœur Monki pour un top girly, et chez le Hollandais urban chic Scotch & Soda. Les inconditionnels du twist décalé de la mode britannique dénicheront quant à eux une garde-robe inspirée par les comics et signée Gemma Shiel chez Lazy Oaf (en ce moment, Garfield y est particulièrement à l’honneur), ou par une punk attitude aux accents pirates chez Abandon Ship. Vos emplettes faites et 17 heures ayant sonné, il sera alors temps de prendre le thé. Selon votre humeur, deux adresses se dessinent. Si vous rêvez d’un authentique et très civilisé afternoon tea, direction Camellia’s, ses délicieuses pâtisseries maison — dont un sublime Carrot Cake — et ses blends exclusifs aux multiples vertus. Si vous êtes en phase régressive en revanche, c’est Choccywoccydoodah (— À vos souhaits !), son chocolat belge made in UK et son décor kitschissime tout droit sorti d’Alice au Pays des Merveilles qui auront votre préférence. Un thé chez les fous, ça ne se refuse pas !

R.M.

Capture d’écran 2014-08-05 à 13.32.08Il n’est pas nécessaire d’être un malotru paresseux pour trouver son bonheur chez Lazy Oaf.

Capture d’écran 2014-08-05 à 20.07.32Entre cinq et sept, l’heure est aux confidences chez Camellia.

Capture d’écran 2014-08-04 à 18.04.59Chez Choccywooccydoodah, on attend toujours le Chapelier fou et le Lièvre de mars…

ADRESSES : Benefit, 10 Carnaby Street. Illamasqua, 20 Beak Street, www.illamasqua.com/school. Liberty, Regent Street. Cheap Monday, 39 Carnaby Street. Monki, 37 Carnaby Street. Scotch & Soda, 14 Carnaby Street. Lazy Oaf, 2 Ganton Street, www.lazyoaf.comAbandon Ship, 14 Newburgh Street, www.abandonshipapparel.com. Camellia’s Tea House, Kingly Court, 2e étage, www.camelliasteahouse.comChoccywooccydoodah, 30-32 Foubert’s Place, www.choccywoccydoodah.com.

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Places to be #1

Titre Citizen KCette semaine, Citizen K vous invite à la reconquête du centre de Londres. Car si Shoreditch et Whitechapel ont gagné leurs galons de spots trendy, entraînant Londoniens et touristes vers l’East End, le cœur historique de la capitale britannique bat toujours et plus que jamais la chamade. Échographie.

Capture d’écran 2014-08-03 à 18.18.23Ganton Street s’illumine tous les soirs pour célébrer le renouveau du quartier de Carnaby.

Capture d’écran 2014-08-03 à 18.35.05Dans son flagship londonien, le très punk rock Dr Martens sait aussi se faire cosy.

Carnaby, dans l’imaginaire du touriste qui vient ici gratter quelques miettes des Sixties, c’est d’abord The Roaring Twenties, club légendaire où Pete Townshend côtoyait Mick Jagger avant même que les Rolling Stones ou The Who n’accumulent les hits. Voilà le constat qui a inspiré l’artiste Lucy Harrison, et lui a donné l’idée de retracer le legs musical du quartier à travers une application mobile gratuite baptisée Carnaby Echoes. Depuis le Murray’s Club qui ouvrit ses portes en 1913 et introduisit les rythmes du jazz sur le pavé de Soho, jusqu’aux bureaux des célèbres magazine New Musical Express et Smash Hits qui surent capter le sillages des vibes du Swinging London par-delà le tournant des années 1980, la ballade en musique et interviews proposée par Carnaby Echoes se base sur quinze plaques commémoratives essaimées dans le quartier et qui viennent ponctuer une visite interactive dans les pas de Boy George, Pete Townshend ou Lloyd Coxsone. Et puisque le rock est aussi un art de vivre, la promenade égraine aussi quelques hauts lieux fashion, parmi lesquels la (regrettée) boutique Lord John chère aux mods, dont la célèbre fresque psychédélique signée Binder, Edwards et Vaughan hante toujours les mémoires. Aujourd’hui, l’héritage rock se lit encore à travers bon nombre d’enseignes dont celle de la marque fondée par Liam Gallagher, Pretty Green. Plus “raw”, Dr Martens a également eu la bonne idée d’installer son flagship sur Carnaby Street. Une adresse où la marque propose en exclusivité un service sur mesure qui mixera à la demande nombres de finitions luxueuses, du cuir imprimé ou du cuir d’autruche (compter environ 3 mois pour une paire). Plus décalée, la boutique Year Zero tenue par un trio haut en couleur (Louise Michielsens, Rocky Mazzilli et Tatum Mazzilli) attire les rappeurs, les stars de la K-pop et leurs fans. Outre les T-shirts et accessoires bling souvent parés de cristaux Swarovski, on raffole des sacs vintage customisés par Rocky, lesquels ont d’ailleurs également séduit la marque de bijoux Thomas Sabo qui a cosigné avec Year Zero une série limitée en 2011. Puis, quand à tant de trépidations vous souhaiterez trouver une issue, le Kingly Court s’avèrera le havre idéal pour prendre un verre, consulter vos emails (le wi-fi y est gratuit et illimité) ou vous restaurer. Menu detox, ramen, raviolis chinois ou cuisine caraïbéenne, vous aurez ici l’embarras du choix ! Après une virée pop rock nous vous conseillons plutôt un free range chicken et une craft beer au Whyte & Brown, ou, pour les amateurs de reggae et de dub, le Rum Kitchen et son étonnant cocktail signature aux effets quasi marijuanesques : le Guinness Punch (Wray & Nephew, lait condensé, Guinness et épices). Cheers!

R.M.

IMG_0962Si un bobby vous interpelle, vous saurez pourquoi ! (Sac vintage customisé, Year Zero)

Capture d’écran 2014-08-03 à 18.29.21Après un Guinness Punch, il n’est pas impossible que The Rum Kitchen tangue légèrement.

Capture d’écran 2014-08-03 à 18.33.20Une dernière bière au comptoir de Whyte & Brown ?

ADRESSES : Carnaby Echoeswww.carnabyechoes.comFlagship Dr Martens, 48 Carnaby Street. Year Zero, 37 Beak Street, www.yearzerolondon.comWhyte & Brown, Kingly Court, rez-de-chaussée. The Rum Kitchen, Kingly Court, 1er étage. Kingly Courtwww.carnaby.co.uk/food-and-drink/kingly-court

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