11 Mai 2026
Fondée en 1976, Terres d’Aventure poursuit depuis près de cinquante ans la même intuition : le voyage ne se résume pas à une destination. Des déserts de ses débuts aux chemins du Costa Rica, l’entreprise continue de faire du mouvement, du rythme et du contact humain le cœur de l’expérience.

Toute entreprise a son récit d’origine. Celui de Terres d’Aventure tient en une image simple et très parlante, celle du fondateur Daniel Popp qui traverse le désert en 2CV, puis panne oblige, termine à pied. Il découvre alors qu’un paysage n’est pas seulement un décor que l’on traverse, mais une expérience qui ralentit l’allure et modifie le regard. De cette traversée naît, avec Hervé Derain — l’un tourné vers le Sahara, l’autre vers l’Himalaya — une autre manière d’envisager le départ, où l’activité physique va de pair avec un voyage plus lent et décarboné. Les premiers voyages organisés par l’entreprise mèneront d’ailleurs vers ces deux destinations, avec comme signature « Terres d’Aventures, le voyage à pied ». Désormais intégrée au groupe Voyageurs du Monde, l’agence est restée fidèle à cette intuition de départ. Cette loyauté n’a rien de nostalgique, elle s’est au contraire enrichie avec le temps.
À l’heure où le voyage se réduit souvent à une suite d’expériences calibrées pour être vues autant que vécues, Terres d’Aventure défend une approche plus attentive, plus incarnée, plus disponible à ce qui advient en chemin.
« On ne réfléchit jamais aussi bien que quand on marche »
Résume Éric Balian, directeur général de Terres d’Aventure depuis 2009. Une formule qui dit, selon lui, que le mouvement favorise une immersion plus profonde dans le lieu, et parfois aussi en soi-même.
Parmi les nombreux itinéraires que propose aujourd’hui Terres d’Aventure, le Costa Rica offre un très bon exemple de cette philosophie. Le pays abrite environ 5% de la biodiversité mondiale connue et protège 26% de son territoire terrestre. Minuscule à l’échelle du globe, immense par la densité du vivant. On y voyage avant tout à travers ce qu’on y perçoit : la chaleur enveloppante, les chants d’oiseaux, les routes bordées de jungle, les zones arides, la lumière et cette faune omniprésente qui donnent au paysage une infinitude d’aspects toujours susceptibles de surprendre. Terres d’Aventure déploie sur ce coin de paradis ce qu’elle sait faire de mieux : concevoir des itinéraires qui semblent aller de soi, mais qui reposent sur un patient travail de précision mené avec des experts passionnés et des équipes sur place. Une ferme au bord d’un lac où les familles viennent pêcher le dimanche, une balade en kayak qui se déroule sous l’œil de crocodiles, un refuge où l’on apprend autant sur les aras et les singes que sur les dérives du tourisme animalier, un trek autour du volcan Arenal, une après-midi dans les eaux thermales typiques du pays où les Costariciens oscillent entre baignades et barbecues pour le réveillon du nouvel an. Le secret d’un pari réussi selon Eric Balian réside dans le fait que ce que l’on retient du voyage n’est presque jamais ce que l’on avait prévu d’y trouver. Et pour illustrer cette idée, l’entreprise n’a pas son pareil et sait dénicher les expériences qui feront la différence, à l’image d’une prétendue randonnée menée par Alexander, guide local, qui conduit finalement ses visiteurs, prêts à arpenter la forêt tropicale des heures durant, jusqu’à une source d’eau chaude naturelle au cœur de la forêt, accolée à une cascade, qui appartient à sa famille. Ce sont ce types de découvertes qui font la réputation et le succès de la maison. Créer les conditions de ces moments inattendus, des détours et des rencontres qui confèrent au voyage sa mémoire la plus durable.

Cette mémoire-là passe aussi par quelques figures croisées en route. Roy, 24 ans, dans un camping du côté de Playa Chamán, où il fait du couchsurfing. Originaire de Quepos, à soixante kilomètres à peine, il préfère pourtant vivre ici, « pour le surf et les surfeuses », plaisante-t-il. Plus au nord, à Pital de San Carlos, aux abords de la frontière nicaraguayenne, celle de Victor, 67 ans, ancien ouvrier agricole dans l’ananas, qui profite de sa récente retraite, une glace dans une main, une machette dans l’autre, glissée dans un étui proclamant : « Soy Tico, Pura Vida ».

Au Costa Rica, l’expression Pura Vida est partout, employée pour tous les usages et dans toutes les situations possibles : saluer, remercier, prendre congé, se réjouir… Une même formule peut ainsi prendre mille formes, comme chez Terres d’Aventure, qui propose aujourd’hui plus de 1 600 voyages. Des grands treks, des expéditions, des ascensions et même une traversée de l’Himalaya en 50 jours, à l’occasion du 50èmeanniversaire de la maison. Mais l’un de ses mérites est justement de ne pas réduire l’aventure à la performance. 80% de l’offre s’adresse à des voyageurs capables de marcher deux à quatre heures par jour. L’objectif n’est pas de réserver le mouvement à quelques initiés, mais de le rendre accessible au plus grand nombre. L’autre force de la maison tient aussi à sa compréhension très fine de ce que voyager induit aujourd’hui.
« Le voyage se partage », rappelle Éric Balian.

Beaucoup vivent seuls mais veulent partir sans forcément voyager seuls, ou ont besoin d’un cadre pour se lancer. Le groupe retrouve alors tout son sens. Même logique pour les voyages en famille, pensés par âges et par niveaux, où les enfants trouvent leurs repères, les parents du répit, et les familles monoparentales un cadre plus simple. Qu’importe la formule, rien n’est laissé au hasard. La même attention se retrouve dans des propositions plus singulières comme le lancement des voyages d’astronomie avec Benoît Reeves, scientifique franco-canadien et accessoirement fils d’Hubert. Au programme : observations nocturnes, conférences, éclipses : en Islande ou en Égypte, après le mouvement du jour, l’attention de la nuit. Une manière, là encore, d’élargir le voyage sans en trahir l’esprit.
C’est peut-être là que Terres d’Aventure convainc le mieux : dans cette capacité à penser à tous, tout en rendant chaque expérience unique.
Photos : Mathieu Marie


















