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Veste et manteau, HOMME PLISSÉ ISSEY MIYAKE. Collier HardWear or blanc et diamants, TIFFANY & Co.

LE GOÛT DES AUTRES

Par ZOÉ TEROUINARD

Le 12 mai 2026

“Désolé maman, j’aime les 2.”

AYMCE

De notre côté, un seul coup de cœur : AYMCE. À 21 ans, le musicien originaire du sud de la France bouscule les codes entre rap et électro avec une aisance déconcertante. Pur produit de sa génération, il revendique une seule chose : l’authenticité.

Propulsé par des titres devenus viraux, AYMCE s’est imposé en quelques mois. Sur scène comme en interview, il affiche une spontanéité rare, loin des discours calibrés. Un vent frais souffle et porte son nom.

CitizenK Homme : Bonjour AYMCE. Une question simple pour débuter : qui es-tu ? 

AYMCE : C’est la question la plus dure. (rires) Je fais de la musique électronique mêlée à des influences urbaines. J’ai commencé par l’électro avec l’envie de créer une pop actuelle, quelque chose qui me ressemble.

On a beaucoup entendu tourner ta musique “Les deux” sur les réseaux sociaux. T’attendais-tu à un tel buzz ? Quelles sont les raisons de ce succès selon toi ? 

Je m’attendais à quelque chose, oui, mais pas forcément de cette ampleur. Généralement, je ne sais jamais quel son va mieux marcher, mais pour celui-ci, j’avais une vision plus claire, je savais que le propos et la prod étaient forts.

Dans ce titre, tu parles de bisexualité. C’est un sujet qui manquait dans le rap selon toi ? 

Je ne me suis jamais dit que ça manquait. Avant, je ne réalisais même pas que c’était si peu abordé. Pour moi, c’était déjà présent dans les milieux LGBTQIA+. Je ne savais pas que ça pouvait être tabou, surtout dans le rap où l’assumer est plus complexe. Aujourd’hui, on en parle davantage grâce aux réseaux. Dans ma musique, je raconte juste ma vie. C’était le bon moment, le bon morceau. Rien de calculé.

Tu as 21 ans, tu fais partie de la fameuse “Gen Z”. Comment, toi, tu parlerais de ta génération à ceux qui n’en font pas partie ? 

C’est la génération réseaux. Parfois ça pousse à l’extrême pour faire des clics. Mais il y a aussi quelque chose de très libre : on ose davantage montrer qui on est. Moi, je suis dans une optique où je me fiche du regard des autres.

Plus largement, pour toi, c’est quoi être un homme en 2026 ? 

C’est une super bonne question ça ! (rires) C’est être soi-même, sans se soucier du regard des autres. Sans jouer un rôle.

Tu romps avec une esthétique hip-hop très normée, en fusionnant notamment techno et rap. Penses-tu incarner un renouveau ? 

Pas du tout. J’ai juste l’impression d’être moi. Et quand tu es sincère, ça parle forcément aux gens. Si j’avais voulu incarner quelque chose, ça sonnerait faux. J’ai eu beaucoup de retours positifs sur ce que j’ai proposé, et ça m’a surpris. J’ai commencé par la musique classique, puis j’ai fait beaucoup de musique électronique, je voulais vraiment être DJ. Je ne rappais pas au début, c’est venu plus tard. Puis la fusion est devenue logique. Sur les réseaux, je faisais déjà des remix électro en rappant dessus. Je pense aussi que le rap français a beaucoup exploré. Les gens ont envie de nouveauté, l’électro revient fort. Les genres se croisent, naturellement.

Tu refuses d’être figé dans une case. D’où te vient ce côté touche à tout ?

Je me lasse vite. Je déteste la routine. Entre ce que je sors et ce que je produis chez moi, il y a un monde. Tester des styles, des influences et des esthétiques différents me permet de comprendre ce qui me plaît vraiment. Même la mode m’intéresse. Je ne cherche pas à l’incarner, mais j’adore ça.

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

On n’a pas de plan totalement tracé. On est assez terre à terre, on avance. L’objectif, c’est de sortir un maximum de sons et rester concentré. Le live commence en 2026, et ça, c’est important. Je viens aussi de sortir “Parigo”, vu que je suis à Paris maintenant. Donc allez streamer “Parigo”, s’il vous plaît (rires).

Photos, AYTEKIN YALÇIN — Stylisme, FANTIN HEIBERG