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Modèle Flea Green, vendu 5990€

Royal Enfield change de courant

Par Nicolas Dembreville

C’est inattendu ! Royal Enfield, LA marque indienne de motos classiques, passe à l’électrique. Elle le fait via la nouvelle enseigne dédiée : Flying Flea. Premiers résultats ? Deux petites motos urbaines : la C6 néo-rétro et la S6 à l’esprit scrambler 

Pour les fans d’autos, c’est un peu comme si Morgan passait à l’électrique ! Pour le moment, la vénérable marque britannique de bolides vintage a déjà testé moult prototypes électriques, mais qui sont restés à ce jour, à l’état de prototypes. 

L’indien Royal Enfield, pour sa part, vient de se lancer vraiment via Flying Flea, son enseigne dédiée. Rappelons que Royal Enfield est une émanation de la marque patrimoniale anglaise éponyme, qui s’est installée en Inde dans les années 50. La maison mère disparait en 1971, la branche indienne perdure quant à elle, incorporée au groupe Eicher Motors. Pendant des décennies, elle se spécialise dans les bécanes vintage à souhait, à la technologie fort simple. Elle rencontre un certain succès (un succès certain ?) y compris à l’export, portée par la vague vintage des années 2000/2010. Mais depuis quelques temps, elle sort du deux-roues exclusivement vintage pour se projeter également vers une forme de moto plus contemporaine. 

La marque Live Wire pour modèle ? 

Malgré tout, l’annonce que Royal Enfield, archétype de la moto classique, passe à l’électrique, a dû en laisser plus d’un épatés. A l’image de Harley-Davidson, c’est la preuve que ces marques patrimoniales ne restent pas les deux pieds dans le même sabot ou plutôt les deux pneus sur la même trajectoire. Mais pour la direction du groupe, le choix est avant tout pragmatique, “impossible de négliger la vague électrique”.   

Royal Enfield suit un schéma assez semblable à celui de Harley-Davidson et de sa marque spécifique dédiée : Live Wire. Flying Flea est elle aussi, une création de toutes pièces. Cette branche aux Watts de Royal Enfield, tire son nom d’un modèle historique des années 40. Surnommée la “puce volante”, cette petite 125 cm3 britannique était parachutée sur les lignes de front pendant la seconde guerre mondiale. 

« La France occupe clairement, une place particulière dans notre patrimoine, a tenu à rappeler Mario Alvisi, responsable de la nouvelle enseigne. La moto Flying Flea a en effet, joué un rôle déterminant pendant la Seconde Guerre mondiale ». In fine, cette appellation entend établir un pont entre passé et futur, tradition et modernité. 

Esthétique inspirée

Destinée à la production de deux-roues électriques, Flying Flea a le caractère plutôt urbain et branché. Elle a notamment participé à la Paris Design Week 2025. 

Premier modèle de la marque, la Flying Flea C6 s’inspire stylistiquement parlant, de sa valeureuse aïeule qui combattit l’Allemagne nazie. 

Avec sa selle basse et sa bonne ergonomie, cette petite moto adopte un look franchement néo-rétro. Elle conserve aussi l’esprit léger, agile et polyvalent du modèle originel. Comme toute moto électrique, elle bénéficie d’un couple instantané, promesse de franches accélérations au démarrage. Idéal en ville, aux feux rouges. Côté technique, on remarque la fourche avant “Girder” en alu forgé, qui garantit stabilité et confort, le cadre minimaliste en magnésium, au design très organique et les grandes roues en alliage. Ces matériaux high-tech permettent de contenir le poids global à 124 kg au bénéfice de la maniabilité. 

Si le style est franchement vintage, la moto adopte écran TFT tactile et démarrage via Smartphone. Elle reçoit aussi ABS et contrôle de traction. Elle bénéficie également de cinq modes de conduite, dont les profils Pluie et Sport. La batterie de 5 kWh garantit environ 150 km d’autonomie, ce qui est une bonne capacité en ville. 

La gamme compte aussi la S6 plus typée outdoor. Ce petit trail s’habille d’un look très réussi, inspiré des motos scrambler. Elle emprunte une base technique assez similaire à la C6. Ce qui change : sa fourche inversée, son phare rond, ses jantes à rayons ou encore sa transmission par chaine au lieu d’une courroie. L’ensemble qui rappelle les trails des années 80/90 est très réussi. La S6 dispose d’un mode tout-terrain dédié, ouvrant le champ des possibles. 

Les prix attendus pour ces nouveautés autour de 6000 euros, semblent très bien placés par rapport à la concurrence : Zero Motorcycles ou Can-Am… 

La France et Paris en avant

Ces nouvelles motos électriques intègrent la catégorie 125 cm3. Les détenteurs du permis A1 ou B peuvent donc librement les conduire. 

Si le plus gros du potentiel se situe en Inde, marché sur lequel sont écoulées 16 millions de motos par an, la France représente un beau potentiel en Europe. Pas étonnant que Flying Flea ait annoncé l’ouverture à Paris, de sa première boutique en Europe. 

Ces motos avant tout urbaines, visent le marché franciliens qui concentrent 40 % des ventes de deux-roues électriques de France. 

Mais Flying Flea n’entend pas en rester là. D’autres modèles vont rejoindre la catalogue dans un futur proche. A termes, Flying Flea est appelée à proposer une vraie gamme complète, destinée à renforcer l’offre globale du groupe indien Eicher Motors, propriétaire de Royal Enfield.