Reims bouge. Et les femmes y sont pour quelque chose. Au volant de la charmante Hyundai Inster, petite citadine 100 % électrique, nous avons rencontré quatre femmes de talent qui façonnent le nouveau visage de la cité champenoise.
Elles ont longtemps laissé aux hommes le choix de l’automobile. Désormais, les femmes pèsent dans le processus d’acquisition. Leur implication dans la décision d’achat est passée de 58 % en 2004 à 90 % aujourd’hui. Elles prennent également une plus grande place dans la société et l’économie. Hyundai soutient depuis longtemps les femmes inventives et audacieuses. En juin dernier, le constructeur coréen nous a menés à Reims pour rencontrer une poignée de ces femmes entreprenantes, à l’influence grandissante.
Hop, dans le TGV, direction la capitale champenoise mondialement connue pour son breuvage à bulles. À l’arrivée, sur le parking de la gare, on découvre une brochette de Hyundai Inster. Il s’agit d’une avenante citadine électrique qui fait du pixel lumineux un emblème de style récurrent. Ses phares tout ronds lui donnent un petit air mutin. En route ! Défilent la jolie campagne vallonnée classée au patrimoine mondial et ses vignes à perte de vue. Par endroits, surnagent de cet océan de verdure des cabanes de vignerons, des chapelles, des châteaux et leurs chais…
Mais pas le temps de se balader, notre programme est dense, alléchant, titillant. Nous allons rencontrer quatre femmes pétillantes. Elles œuvrent dans les secteurs de l’horlogerie, du vitrail, du design et du vin. Elles font rayonner la Champagne au féminin.
Alcée Montfort
Maison Alcée est une maison horlogère implantée en centre-ville, au sein d’un bel appartement classique. C’est Alcée Montfort, charmante blonde BCBG au doux sourire, qui l’a fondée en 2019. Avant cela, cette ingénieure est passée par Hermès, TAG Heuer, Cartier…
En 2022, elle lance la pendule de table Persée, à construire soi-même. Seul le mouvement, très délicat à monter, arrive préassemblé. « Quand j’étais petite, j’adorais fabriquer mes propres objets : savons, mosaïques, poteries. Cela me comblait de joie, se souvient-elle. L’horlogerie me plaît car c’est un univers qui mêle science et philosophie. »
La reconnaissance ne tarde pas pour Maison Alcée, qui se voit décerner le prix de l’Audace au GPHG (Grand Prix d’Horlogerie de Genève) en 2023.
En échange de 10 000 euros, le client reçoit un élégant coffret. Ce bel écrin en bois massif contient 233 pièces et 17 outils. L’ensemble permet, grâce à un mode d’emploi prenant la forme d’un beau livre haut de gamme de 150 pages, de fabriquer l’élégante pendule.
Le montage de Persée, qui, dans la mythologie grecque, est le père d’Alcée, demande une dizaine d’heures. « Je mets le client dans la peau d’un artisan horloger. Il va vivre une expérience singulière, se recentrer, oublier sa vie quotidienne », se félicite la jeune cheffe d’entreprise.
Depuis notre passage, Maison Alcée a emménagé à Aix-en-Provence.
Anne-Catherine Perreau
Cette vitrailliste dirige l’atelier Simon-Marq, une institution fondée en 1640 ! L’entreprise est installée au sein de l’église réformée du Sacré-Cœur, bâtie à Reims dans les années 1950 par André Gaston et Yves Michel. Ce vaste édifice brutaliste prend la forme d’un parallélogramme de béton brut. Notre jeune interlocutrice a suivi des études d’arts appliqués avant d’obtenir son diplôme des métiers d’art spécialisé dans le vitrail. Elle a gravi les échelons de l’atelier Simon-Marq. « Je dois coordonner les équipes pour la réussite des différents projets », résume-t-elle. L’atelier crée autant qu’il restaure. Il est notamment investi dans la création de nouveaux vitraux contemporains pour Notre-Dame, en accompagnant l’artiste Claire Tabouret. « Petite, pendant la messe, je contemplais déjà les vitraux, se remémore la jeune cheffe d’atelier. Aujourd’hui, je joue avec la lumière, la couleur et la matière », se réjouit-elle.
Céline Savoye
Nous rendons ensuite visite à Céline Savoye. Le parcours de cette diplômée en design de l’École des beaux-arts de Saint-Étienne est éclectique. Elle a organisé des expositions et assuré des missions culturelles, pour l’ambassade de France à Tunis notamment. Elle a aussi assuré la gestion des collections du château de Versailles et la diffusion de ses œuvres.
Depuis 2023, elle dirige l’ESAD, l’École supérieure d’art et de design de Reims. « J’ai candidaté sans trop y penser, se souvient-elle. Mais au fond, je voulais le poste, notamment parce que cette école enseigne le design culinaire. Et que je trouve cela particulièrement intéressant. »
Sous son impulsion, l’école va bientôt emménager dans des locaux flambant neufs. Les 255 étudiants y seront parfaitement installés. « Ils pourront se former à des pratiques artisanales autant qu’ultra high-tech et innovantes », se félicite-t-elle. Ce nouvel emplacement doit renforcer les liens avec le territoire champenois.
Cynthia Fossier
Il est temps de « se jeter un petit verre derrière la cravate » : nous sommes à Reims, que diantre ! L’Inster prend la direction de Ludes, au cœur de la montagne de Reims. Nous avons rendez-vous avec Cynthia Fossier, jeune cheffe de cave de 35 ans, qui a rejoint la maison Canard-Duchêne en 2019.
À l’origine, en 1868, Victor Canard, tonnelier, et Léonie Duchêne, vigneronne, s’unissent. Un siècle et demi plus tard, la maison dispose de 30 hectares de vignes, réparties entre pinot noir, pinot meunier et chardonnay. Elle compte 6 km de caves, sous les voûtes desquelles mûrissent 10 millions de bouteilles.
Originaire des Ardennes, Cynthia a suivi des études de sciences à Reims, puis a décroché le diplôme national d’œnologue. « Pendant longtemps, les femmes n’avaient pas l’autorisation de descendre au chai. On disait qu’elles faisaient tourner le vin », sourit Cynthia, qui s’applique à tordre le cou à ces superstitions et préjugés, mais reconnaît que la féminisation reste encore balbutiante. Aidée par son comité œnologique, Cynthia Fossier élabore chaque année les assemblages de ses différents champagnes. Elle base sa recette sur trois points essentiels : le fruité, l’équilibre et la fraîcheur. Sa maison produit 3 à 4 millions de bouteilles par an. « Le champagne, c’est l’art du partage. Il faut apporter de la joie à ceux qui le dégustent », résume-t-elle.
Elle joint le geste à la parole et verse dans des flûtes le délicieux breuvage qui fera bientôt pétiller le regard de mes collègues journalistes.
Le TGV du retour attendra… Ou pas. Peu importe !











