Rendez-vous londonien au cœur des jardins du palais de Topkapi.
À titre exceptionnel, en mai dernier, le Global Design Forum s’exportait pour une première fois à Istanbul. Au programme de l’événement : des installations monumentales déployées dans toute la ville et deux journées de conférences au cours desquelles se réunissait tout ce que l’humanité compte de plus réconfortant. Parmi les invités de marque, on comptait entre autres : le designer Tom Dixon, les architectes Marina Tabassum, Lina Ghotmeh et Ma Yansong, le créateur de mode Hussein Chalayan ou encore le doctorant en technologie musicale Roland Lamb. Autant dire un puissant concentré de bonnes volontés au service du bien de tous, propre à vous faire oublier les plus sombres actualités du monde. Entretien avec Ben Evans, co-fondateur de la manifestation.
CitizenK International : On ressort de ces deux journées de forum comme réconcilié avec le genre humain… L’événement est-il un remède à la morosité ambiante ?
Ben Evans: Le Forum n’a pas sciemment été conçu comme un antidépresseur mais, par essence, les designers et, plus largement, les esprits créatifs sont souvent d’un tempérament assez optimiste. Leur enthousiasme est d’autant plus contagieux lorsque ces designers nous apparaissent en capacité de résoudre les grandes problématiques liées à notre époque.
Si vous deviez recommander au lecteur une conférence, laquelle choisiriez-vous pour illustrer au mieux l’âme du Forum 2026 ?
Si j’y étais contraint et forcé, je recommanderais sans doute l’entretien mené par Caroline Roux avec Hussein Chalayan. Le retour sur le parcours du designer était particulièrement inspirant. S’il est avant tout un créateur de mode, il incarne aussi parfaitement le positionnement des designers d’aujourd’hui qui touchent sans réserve à toutes les disciplines. De l’art à l’architecture en passant par la technologie.
Hormis la dimension logistique et financière, quelle est la plus grande difficulté lors de l’organisation d’un pareil événement ?
Le défi majeur est sans doute de parvenir à créer une atmosphère bienveillante. Quel que soit le casting, on ne peut jamais pré- sager du bon déroulement des débats. Tout le succès repose sur la qualité d’écoute et la fluidité des échanges entre les différents intervenants. À cet égard, l’édition 2026 était plutôt belle une réussite !
Le Forum traite de sujets parfois ardus… Parvenez-vous à toucher le grand public ?
Il est certain que le Forum s’adresse prioritairement aux communautés du design et de la création. Mais nous travaillons activement à la diffusion de nos contenus auprès d’une plus large audience. Nous sommes très actifs sur les réseaux sociaux et des captations vidéo de nos conférences sont accessibles en ligne. Ainsi, tout un chacun est susceptible de s’intéresser aux questionnements des designers dès lors que les sujets sont abordés avec rigueur et clarté. Nous actons en faveur d’un design démocratique !
Après cette première édition stambouliote, le Forum a-t-il vocation à devenir itinérant ?
Quand l’artiste Melek Zeynep Bulut nous a proposé son aide pour organiser l’édition 2026 à Istanbul, nous n’avons pas hésité un seul instant. L’énergie de la ville et ses composantes multiculturelles ont très puissamment imprégné le contenu des conférences. Le vaisseau mère du Global Design Forum demeurera toujours ancré à Londres mais la notion même de design est planétaire et nous sommes désireux d’explorer le monde à travers ce prisme. L’an prochain, le rendez-vous aura lieu en Chine ! Après cela, d’autres destinations se présenteront probablement. Chaque édition du forum apporte des perspectives nouvelles qui nous enrichissent et nous conduisent à l’étape suivante.





