À Tokyo, la couleur. À Shanghai, le serpent.
Deux projets pour une même idée: faire voyager la beauté.
Maître du contraste et pionnier du cabochon, Bulgari a fait de la couleur un véritable langage. Dans les années 1950, alors que la haute joaillerie reste prisonnière du platine et du monochrome, la Maison ose le mariage du saphir et du ru-bis, du turquoise et de l’améthyste: une révolution au cœur d’une époque encore figée dans la retenue. Ce geste audacieux ne relève pas du simple caprice esthétique. Il traduit une vision: celle d’une joaillerie délivrée des conventions, où la pierre dite
“semi-précieuse” trouve sa noblesse par l’intensité de sa teinte, où le cabochon fait vibrer la lumière comme un peintre travaille le pigment pur.
Le mythique collier Seven Wonders, serti de sept émeraudes et porté par Monica Vitti et Gina Lollobrigida, ou le sautoir de 1969, galaxie d’or jaune constellée d’améthystes, turquoises, citrines, ru-bis, émeraudes et diamants, incarnent cette audace hédoniste devenue signature.
Ces pièces ne racontent pas seulement l’histoire d’un savoir-faire: elles cristallisent une philosophie. Celle qui soutient que la beauté surgit de la rencontre des couleurs, de leurs dialogues imprévus et de l’intensité qu’elles créent ensemble.
Entre Rome et Tokyo, le goût du détail précieux et l’obsession de la forme parfaite tissent depuis toujours une complicité si-lencieuse. L’exposition “Bulgari Kaleidos: couleurs, cultures et savoir-faire” qui s’est tenue cet automne à Tokyo se déployait en trois actes. La “Science des couleurs” analysait les effets chromatiques à travers des pièces iconiques ; le “Symbolisme des couleurs” explorait les dimensions culturelles et émotionnelles des teintes; le “Pouvoir de la lumière” offrait un voyage lumineux culminant avec le sautoir-bracelet transformable de 1969, manifeste polychrome de l’exubérance Bulgari.
*Cet article est issu de notre numéro d’hiver 2025. Pour ne manquer aucun numéro, vous pouvez également vous abonner.*


