Imaginez Paris en décembre : ses boulevards illuminés, ses vitrines par milliers et les pas pressés qui ne font que résonner sur ses trottoirs glacés. Dans ce décor où chaque détail devient rituel, Louis Vuitton choisit de dévoiler sa toute dernière création : la Monterey. Une montre qui n’est pas seulement un objet de style, mais un geste intemporel, une façon d’accompagner le passage d’une année à l’autre. Et ce, avec élégance.
Car l’horlogerie chez Vuitton n’est pas une parenthèse récente. En 1988, la Maison confiait déjà à l’architecte italienne Gae Aulenti (la même qui venait de transformer une gare parisienne en musée d’Orsay) le soin de dessiner ses premières montres. Résultat : deux pièces avantgardistes, les LV I et LV II à la silhouette galet et à la couronne décalée à 12 heures. Leur design anticonformiste et presque architectural fit sensation. Ces jumelles de 37 millimètres chacune sont nées d’un esprit de voyage, entre passé et futur.
Rapidement, les collectionneurs leur donnèrent un surnom affectueux : la “Monterey”. Un clin d’œil à la phonétique américanisée de “montre”. Un détail amusant qui quarante ans plus tard sonne comme une évidence : ce surnom est devenu culte.
En 2025 la Monterey renaît sous une forme à la fois fidèle et audacieuse. Le boîtier conserve son galbe unique : il est poli comme une pierre de rivière et gagne en raffinement avec son or jaune 18 carats. La couronne travaillée dans le motif Clous de Paris se dresse toujours à 12 heures, comme une provocation discrète…
Mais le véritable choc esthétique se situe ailleurs : sur le cadran en émail Grand Feu ! Blanc pur, immaculé et presque neigeux, il demande plus de vingt heures de travail, entre couches successives et cuissons à plus de 800 °C. Chaque étape comporte un risque de brisure et d’imperfection (obligeant parfois à tout recommencer).
C’est ce paradoxe qui fascine : derrière la simplicité lumineuse du cadran il y a une somme de patience, de maîtrise, et osons le dire, d’obstination. L’émail devient ici une métaphore du temps lui-même : fragile et pourtant éternel.
Graphiquement, les aiguilles rouges et bleues ajoutent une tension visuelle et sous la surface vierge bat désormais un cœur mécanique. Comme si la montre, au lieu de se contenter de mesurer le temps, cherchait à nous rappeler son rythme, sa pulsation…
Adieu M. Quartz, we will not miss you : la Monterey est animée par le calibre maison LFT MA01.02 conçu à La Fabrique du Temps Louis Vuitton. 28 800 alternances par heure, 45 heures de réserve de marche, une masse oscillante en or rose… autant de détails qui témoignent du savoir-faire d’exception de la Maison.
Il suffit de se souvenir du fameux défilé Automne-Hiver 2025 de Nicolas Ghesquière : au poignet des mannequins défilaient des LV II d’époque. Tout cela nous rappelait que la Monterey appartient autant à la culture mode qu’à l’horlogerie.
Finalement, la Monterey est bien plus qu’une simple montre : c’est une passerelle. Entre Gae Aulenti et La Fabrique du Temps, entre quartz et mécanique, entre héritage et modernité.
Exclusivité oblige : seuls 188 exemplaires verront le jour. Un chiffre modeste qui place déjà cette montre dans la sphère des pièces convoitées par les collectionneurs et esthètes. Disponible dès décembre, elle ne se laissera approcher que par un cercle restreint.
Il y a des secondes qu’on laisse filer et d’autres qu’on retient précieusement. La Monterey ne fait que battre la mesure, mais à vous de jouer la mélodie. Quoi de mieux pour finir l’année sur une bonne note ?





