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ENTRE LA MUSIQUE ET L’ART VISUEL, LE COEUR DE W!LD BALANCE

Par ZOE TEROUINARD

Il fait à la fois de la musique et de la photo, du collage, de la vidéo, de la peinture… W!LD, de son vrai nom Guillaume Duchastel, est un véritable touche à tout, à qui un seul médium ne peut suffire. Avec un aller-retour constant entre pratique sonore et visuelle, il utilise l’humour, voire l’absurde, comme une arme, pour dénoncer subtilement certains aspects, plus sombres, mais tout aussi absurdes, de notre société. Rencontre avec un créateur dans l’âme.

Il fait à la fois de la musique et de la photo, du collage, de la vidéo, de la peinture… W!LD, de son vrai nom Guillaume Duchastel, est un véritable touche à tout, à qui un seul médium ne peut suffire. Avec un aller-retour constant entre pratique sonore et visuelle, il utilise l’humour, voire l’absurde, comme une arme, pour dénoncer subtilement certains aspects, plus sombres, mais tout aussi absurdes, de notre société. Rencontre avec un créateur dans l’âme.

Tu multiplies les médiums. On a vu de la vidéo, de la photo, de la peinture, il y a aussi beaucoup d’inspirations, du graffiti, du surréalisme… Comment définirais-tu ta pratique, plus globalement ? 

C’est un mélange de plusieurs médias, donc vidéo, graff, collage, pochoir et photographie. Ça a évolué, en fait, avec le temps. Ça vient plutôt du graffiti et ça s’est développé petit à petit vers la photographie, vers la vidéo, et la musique, que j’essaie d’intégrer à la vidéo, avec du montage.

Qu’est ce que tes pièces racontent ?

Ca peut être juste esthétique, mais j’essaie toujours de mettre de l’humour, de parler un peu de la société, mais sans que ça soit trop… Disons, “prise de tête”. Qu’on ne le comprenne pas forcément la première fois qu’on voit la pièce, mais plutôt dans un deuxième temps. 

Tu es un artiste visuel, mais t’es aussi un artiste musical, Comment est-ce que ces deux pans de ta création s’influencent mutuellement ? 

En premier lieu, pour créer, j’ai besoin d’écouter de la musique. C’est quelque chose qui m’est venue déjà comme ça, ça a toujours été fait ensemble. Ça vient de la culture plutôt hip-hop, l’art et la musique, la danse, tout ça, c’était une culture entière. Et là, tu choisissais plus ou moins le médium. Pour moi, c’était plutôt la musique, et le graff. 

Dans tes photos, tu te mets souvent en scène aussi en tant que DJ, mais à quatre mains…

C’est pour parler du fait qu’aujourd’hui, on doit quand même être “multi-skills”. C’est ce que la société te demande quelque part. C’est un problème pour les artistes. ça demande d’être plus que juste “artiste”, d’avoir d’autres compétences pour pouvoir se développer en fait. Aussi, certains dieux étaient multibras comme ça. On peut aussi y voir une référence au  dessin de Léonard de Vinci. Donc moi je sais pas, c’est une inspiration qui revient souvent…

Mais je ressens une pression constante, que ça soit dans la musique ou dans l’art en fait, avec ce fait de devoir être compétents partout. Pas juste penser à la création mais à tout ce qui suit derrière pour pouvoir au moins montrer son art. Et après, peut-être, le vendre. Donc oui, c’est plus compliqué. 

Tu as l’impression que c’est quelque chose qui empêche la créativité ?

Ça la freine un peu forcément, parce que si on concentré là-dessus, on perd du temps quelque part. On pourrait passer son temps, soit à faire de la musique, soit à penser à tout ce qu’il y a autour, plus qu’à penser aux réseaux sociaux

J’ai la sensation que de manière générale, ton art, sert toujours un peu de critique sociale…

Je me sers de l’humour pour critiquer la société ou pour dire ce que j’ai besoin de dire. C’est peut-être une façon plus facile de faire passer le message.

Tu parlais tout à l’heure de tes premières inspirations, qui étaient plutôt liées à la culture hip-hop. Plus largement, j’ai l’impression que l’urbain, au sens large, la ville, le graff et le métro, restent actuellement de grandes inspirations dans ton travail…

Dans mon travail on retrouve évidemment le côté urbain, le côté street, venant du hip-hop déjà. Le graff est quand même plus lié à la ville qu’à la nature (rires). J’ai plus d’inspiration, plus envie de créer quand je suis en ville, il y a quelque chose de plus étouffant, de plus actif que devant un beau paysage. Il y a pas mal de peintres qui se sentent inspirés devant ces paysages… Moi, j’ai peut-être besoin de les voir, mais pas besoin de créer. Je me sens complet face à la nature, certes, mais face à la ville, j’ai besoin de créer.

Artiste : W!LD
Journaliste : Zoé Térouinard
Vidéaste : Ervin Chavanne