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Dreaming in Between de Ryutaro Ninomiya (2023) © ACID Cannes 2023

Cinq films de l’ACID 2023 qui nous ont tapé dans l’œil

Par Sirine El Ansari

C’est l’autre « Cannes ». Celui qui promeut un cinéma indépendant à travers une programmation parallèle visant à braquer les projecteurs sur de jeunes réalisateurs prometteurs et à défendre une pluralité de regards cinématographiques. L’édition 2023 de l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID) n’a pas dérogé à cette règle avec neuf films sélectionnés cette année, diffusés du 17 au 26 mai en marge du Festival de Cannes dans une démarche qui vise à soutenir la diffusion en salle de films sans distributeurs ou fragilisés par la concurrence du marché. En réponse, voici notre sélection de cinq longs-métrages diffusés à l’ACID 2023 que l’on souhaiterait voir sur grand écran. 

  • Caiti Blues de Justine Harbonnier (2023) 

Dans l’ancienne ville fantôme de Madrid au Nouveau-Mexique (États-Unis), Caiti Lord rêve d’une autre vie que celle régie par son émission de radio et son job de barman. Dans ce documentaire singulier et poétique, la réalisatrice Justine Harbonnier suit une jeune femme accompagnée de sa voix et de sa guitare, qui tente de toucher le rêve américain du bout de ses doigts. 

  • Laissez-moi de Maxime Rappaz (2023) 

Dans cette fiction romantique et sensuelle, l’actrice Jeanne Balibar excelle dans le rôle de Claudine, mère célibataire vouée à prendre soin de son fils handicapé. Chaque mardi, elle revêt son costume de femme fatale et s’accorde “une plage de liberté” dans un hôtel près des montagnes suisses et y fait la rencontre d’hommes de passage, jusqu’à ce que l’un d’entre eux décide de prolonger son séjour. 

  • Dreaming in Between de Ryutaro Ninomiya (2023) 

Au Japon, Shuhei, un directeur-adjoint d’un lycée, ressent subitement le poids de la normativité de son quotidien : sa femme et sa fille adolescente ne le voient plus et se contentent de partager le même toit que lui, tandis que ses responsabilités professionnelles ingrates l’amènent à questionner ses choix de vie. Pour trouver des réponses à ses tourments, Shuhei entreprend un voyage à la rencontre d’anciens amis et anciens élèves. Un récit touchant soutenu par l’impeccable photographie de Hidetoshi Shinomiya, déjà à l’œuvre derrière le long-métrage Drive my Car de Ryūsuke Hamaguchi (2021). 

  • In the Rearview de Maciek Hamela (2023) 

C’est la caméra dirigée vers les passagers arrière d’un van fuyant l’Ukraine en direction de la Pologne que le réalisateur Maciek Hamela a réussi à capturer l’exil sur le visage de dizaines de réfugiés. Des images inouïes et importantes qui témoignent de la violence de la guerre ainsi que de l’espoir du retour au pays pour les citoyens ukrainiens. 

  • Nome de Sana Na N’Hada (2023) 

1969, Guinée-Bissau : une guerre éclate entre l’armée portugaise et les guérilleros du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée. Nome quitte son village pour rejoindre le combat et se trouve face aux désillusions de la libération. Avec des images d’archives filmées par le réalisateur, Nome est un long-métrage à visionner pour avoir une compréhension plus claire des intrications idéologiques et éthiques liées au mouvement de libération coloniale en Guinée-Bissau.