Dans un paysage joaillier longtemps figé dans une idée un peu poussiéreuse du bon goût, Marie Lichtenberg a fait irruption comme une évidence. Elle est arrivée comme une boule de bowling faisant un STRIKE sur tous les codes en vigueur. Sa joaillerie est figurative, bavarde et irrévérente. Un bijou chez elle n’est jamais seulement un bijou : c’est un talisman, un souvenir que l’on porte pour soi.
Chez CitizenK, on a toujours eu un faible pour les trajectoires qui dévient, les âmes qui brûlent. Celle-ci a tout d’une anomalie précieuse. Avant de lancer sa marque éponyme, il y avait une autre vie. Rédactrice mode, puis le déclic personnel, le coup de foudre qui lui fera tout plaquer sans aucune certitude du lendemain. Un saut dans le vide qui aura largement payé et fait écho à sa nouvelle collection « No Risk, no glory ». Elle aura tout quitté pour ne plus commenter mais créer, ne plus raconter les histoires des autres mais imposer son propre vocabulaire.
Sept ans après, la créatrice nous dit : « Cette marque m’est tombée dessus » (M.L).
Depuis 2019, Marie Lichtenberg a installé une esthétique immédiatement reconnaissable, quelque part entre le gri-gri d’enfance et le reliquaire contemporain. Un bijou qui ne laisse pas indifférent, et c’est tout là le parti pris de cette créatrice. Dans un monde où tout le monde essaie de plaire et de rentrer dans les cases, elle reste ancrée dans ses codes personnels : « Plus je suis moi, plus ça marche » (M.L).
L’histoire commence presque comme un mythe fondateur : un bijou dessiné pour sa fille, publié avec beaucoup de spontanéité sur Instagram, puis soudain happé par les algorithmes : le loquet est né. Cette création est un élément inspiré du passé de la Martinique, dont elle est originaire. Avec cette pièce, elle raconte une histoire d’émancipation et de résilience
Aujourd’hui, la créatrice fait rayonner ce bijou et cette narration autour du monde. On retrouve sur ces loquets colorés de joyeux messages. Coup de cœur pour la version : « Knock on Wood », une pièce mélangeant l’or mat, les diamants et l’ébène noir. Un objet qui convoque autant la superstition que l’exubérance.
Avec le succès éclair, elle nous confie : « J’avais peur que mes bijoux soient à la mode », et pourtant, très vite, les premières clientes deviennent des initiées, puis des prescriptrices. Les it-girls s’en emparent. Mais Marie Lichtenberg reste une créatrice qui appelle à une certaine sensibilité, un amour du beau qu’on ne peut pas rendre mainstream.
Ce qui frappe, au-delà de l’objet, c’est la mécanique émotionnelle derrière. Chaque pièce semble partir d’un souvenir de la créatrice : son enfance, ses croyances, sa famille, pour les transformer en joyaux universels. « Je mets dans chaque pièce un petit bout de moi » (M.L).
Dans un monde saturé d’images et d’incertitudes, ces bijoux fonctionnent comme des points d’ancrage. Des porte-bonheur pour kidultes. Des objets qui nous protègent et nous rassurent, nous ramènent à une époque où tout était plus simple.
Grande joueuse, elle tente un coup de poker, avec le charms « Dado » en pierres dures serties de diamants et entourées d’or 18 carats et inspiré des dés avec lesquels on jouait autour d’un plateau de jeu.
Avec Marie Lichtenberg, le hasard fait bien les choses. Après les dés, la suite logique était de nous emmener à Vegas, là où elle a passé tous ses étés chez son grand-père. Elle révèle une pièce d’une complexité inouïe : « Abacus », un boulier inspiré des boutons de manchette de son grand-père. Ici, la pièce est en or jaune poli, sertie de rubis et de perles d’ébène.
En 2025, la conquête de Marie Lichtenberg sur le paysage joaillier continue avec une pièce devenue virale : le bandana haute joaillerie. Largement inspiré de la culture pop américaine et de l’imagerie des cow-boys, elle signe une pièce à l’artisanat d’exception : du daim souple et beurré marié à des motifs en or 18 carats, rubis et diamants. Le bandana, entièrement réalisé à la main, aura nécessité plus de 280 heures dans les meilleurs ateliers italiens.
Cette créatrice aime se challenger : « La difficulté, j’adore ! Ça nous élève. J’aime arriver dans les ateliers, qu’on me dise que ce n’est pas possible, et y arriver tout de même » (M.L)
Rencontrer Marie Lichtenberg nous a ramenés à l’essence même de la création. Un hasard qui n’en est pas un, un instinct qui ne s’explique pas. Une femme indépendante, entrepreneure et maman, qui, dans sa spontanéité et son individualité, a réussi à bâtir son univers. On conclut notre entretien sur des valeurs précieuses : l’humanité et l’humilité. Elle nous dit : « Sans les personnes que j’ai embarquées avec moi, je serais encore dans ma voiture en train de vendre des bijoux. Il faut travailler avec des gens qu’on aime, c’est une motivation quotidienne. » (M.L)











