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St. Botolph’s Church, City

LONDON NIGHT

Par Par MATTHIAS DEBUREAUX / Photos Par HAROLD BURDEKIN

Cette série de clichés nocturnes sommeillait depuis près d’un siècle. La vie de leur auteur reste aussi brumeuse que les reflets voilés de ses images.

Le snobisme trouve parfois ses limites. Surtout lorsqu’il s’agit d’évoquer un artiste si oublié qu’il ne subsiste pratiquement aucune trace de vie. Tel est le cas du photographe anglais Harold Burdekin. Ce parfait inconnu est absent des dictionnaires de la photographie britannique. Nous avons bien tenté d’interroger les meilleurs spécialistes, mais même Mark Haworth-Booth, l’un des plus fins experts de la partie, n’avait jamais entendu ce nom. Et pourtant, ce photographe maudit a laissé un livre stupéfiant publié en 1934, London Night. Premier recueil du genre réalisé en Grande-Bretagne, il rassemble des clichés nocturnes pris par temps de brouillard dans la capitale anglaise.

À cette époque où les rues de la métropole en pleine expansion commençaient à être éclairées au gaz ou à l’électricité, aucun taxi noir à l’horizon, ni de bus à impériale ou d’enseignes de cabaret qui aimantent les noctambules. Que des lieux déserts et inquiétants où l’on s’attendrait plutôt à croiser Jack l’Éventreur.

LA NUIT EST BLEUE

Parmi les rares renseignements glanés ça et là, on sait que Harold Benjamin Burdekin est né à Sheffield le 19 avril 1899. Il a fait ses études à la Rugby School avant de s’engager à 17 ans dans la Royal Field Artillery. Il participa aux dernières années de la Première Guerre mondiale.

*Cet article est issu de notre numéro d’hiver 2025. Pour ne manquer aucun numéro, vous pouvez également vous abonner.*