L’aura de Filippo Sorcinelli, créateur de vêtements ecclésiastiques et de parfums sortilèges.
Si certains ont choisi la mode pour rentrer dans la lumière, lui a plutôt choisi la pénombre. Enfant, il passe ses journées dans l’église où sa mère est femme de ménage. Il étudie les beaux-arts, devient
organiste émérite à 13 ans avant de se dédier au vêtement sacré. Fin connaisseur de l’histoire et des rites du catholicisme, il fonde en 2001 LAVS, acronyme du Laboratorio Atelier Vesti Sacre, à peine un an après avoir réalisé sa première chasuble.
Une passion de tous les instants qui attire l’œil de Benoît XVI et le consacre aux yeux du pape François qui le choisit pour sa messe d’intronisation. Un client au prestige absolu qui portera exclusivement ses créations pendant tout son pontificat. Ceux qui imaginent ce proche du pouvoir et spécialiste du vêtement liturgique comme un ange de sacristie ou un dévot un peu aride seront déçus car, barbu, musclé et tatoué, Filippo a tout d’une parfaite icône queer. Ce look qui envoie balader certaines images d’Épinal n’a en rien freiné son ascension, puisque le créateur est aujourd’hui la référence absolue dans ce précieux domaine, urbi et orbi. Avant lui, la dernière fois que “mode” et “Vatican” étaient réunis, c’était lors du défilé jubilatoire imaginé par Federico Fellini pour le film Fellini Roma en 1972 !
*Cet article est issu de notre numéro d’automne 2025. Pour ne manquer aucun numéro, vous pouvez également vous abonner.*





